Les produits chimiques en cause dans l’infertilité masculine

« Les Français inégaux devant la baisse de la qualité du sperme », c’est le titre d’un article aujourd’hui sur lemonde.fr. L’occasion de s’intéresser à ces molécules invisibles qui nous entourent, pénètrent nos estomacs et nos poumons. L’augmentation des cas d’infertilité chez l’homme amène les chercheurs à suspecter certains produits chimiques de perturber le système endocrinien.

Depuis l’essor de la pétrochimie à partir de 1945, plus de 100 000 substances synthétiques et dérivées ont été introduites par l’homme dans l’environnement, l’alimentation, les emballages, le logement…

Parmi les produits chimiques indiqués de façon tout à fait réglementaire sur les étiquettes, 10 000 au moins font l’objet d’une attention toute particulière des experts. Les anomalies sexuelles qu’ils sont suspectés provoquer ont déjà été mises en évidence sur la faune sauvage et sur des animaux de laboratoire.

Il reste encore à démontrer qu’ils jouent le même rôle de perturbateurs endocriniens chez l’homme. Mais il faudra du temps. Comme il n’est pas possible d’un point de vue éthique d’administrer ces molécules à des « cobayes » humains pour le prouver, l’unique solution est d’en rechercher systématiquement les traces chez les sujets masculins atteints de syndrome de dysgénésie testiculaire (TDS).

Produits chimiques les plus courants

  • BPA, Bisphenol A et phtalates : agents plastifiants utilisés pour assouplir les biberons, bouteilles et emballages alimentaires. Suite à l’alarme sonnée par la Food and Drug Administration en janvier 2010, la Californie, le Canada, le Danemark, la France et d’autres pays ont interdit le bisphenol A (seulement dans la fabrication des biberons !).

  • 4-hexylresorcinol : colorant chimique rouge pour raviver la couleur des crevettes et des crustacés.

  • Composés organochlorés (DDT), pesticides organophosphates, pesticides dérivés des pyréthrines (lindane ou malathion) : carbammates, ditiocarbammates, organo chlorurates, herbicides du groupe ammonium quaternaire. Ils agissent comme anti-androgènes.

  • Paraben, identifiable sur les étiquettes sous les noms de : methylparaben, ethylparaben, propylparaben, isobutylparaben, butylparaben et benzylparaben. Conservateurs parmi les plus utilisés, présents dans les shampoings, bains moussants, crèmes hydratantes et solaires, déodorants, produits pour l’hygiène des enfants, adoucissants et dentifrices.

  • E320, E321 et E319 (E indique l’autorisation européenne), parfois indiqué par les sigles BHA, BHT et TBHQ : antioxidants et conservateurs dérivés du pétrole et interdits dans de nombreux pays parce qu’ils sont suspectés d’avoir une action cancérogène. On les retrouve dans beaucoup d’aliments comme la purée de pomme de terre instantanée, les céréales, les crèmes à tartiner, les glaces, ainsi que les déodorants, crèmes et produits cosmétiques.

La maison, lieu de tous les dangers

Il y a encore moins d’un siècle, le foyer constituait le sanctuaire de l’homme par excellence. Derrière la porte qui défendait du froid, des intempéries, des brigands et du loup, se concevaient les enfants et se fondait une famille.

Aujourd’hui, les matériaux de constructions utilisés, l’ameublement des habitations ainsi que les fonctions domestiques attribuées aux différentes pièces font de nos maisons des lieux de plus en plus toxiques pour la santé et le patrimoine génétique des générations à venir.

  • séjour : tapis, meubles, divans, couvre-sièges, matériel électroménager peuvent contenir des agents ignifuges bromés (composés ajoutés aux tissus pour empêcher ou retarder leur combustion) : Difenileter Polibromurates (PBDE). Ces substances restent en suspension dans l’air et s’attachent à la poussière.

  • salle de bains : les tubes d’arrivée d’eau en PVC se dégradent avec le temps et s’ajoutent aux autres perturbateurs endocriniens libérés par les rideaux de douche, shampoings, savons, dentifrices, crèmes cosmétiques, déodorants, produits d’entretien, parfums d’ambiance…

  • chambre : les meubles traités avec des colles, solvants, vernis et certains produits pour faire briller les parquets représentent un danger potentiel pour la santé. Les draps et couvertures colorés ou traités avec la lessive peuvent contenir des traces de phtalates et bisphenol A.

  • chambre des enfants : les jouets en PVC ou en caoutchouc contiennent des substances assouplissantes comme les phtalates qui peuvent se libérer quand le plastique est manipulé et sucé par l’enfant. Sans oublier les autres composés chimiques présents dans les tapis, les couvertures colorées et les meubles laqués.

  • cuisine : la nourriture peut contenir des additifs chimiques comme les conservateurs et les colorants. Les aliments et boissons conditionnés en sachets, bouteilles et boites en plastiques contiennent des xénoestrogènes, substances synthétiques qui imitent l’action des oestrogènes. Le Téflon des revêtements anti-adhérents de casseroles (acide perfluorooctanoïque (PFOA) et sulfonate de perfluorooctane (PFOS)) est cancérigène, non biodégradable et se retrouve dans le sang de 90% des utilisateurs. Les hottes de cuisine et les détergents sont également des diffuseurs potentiels d’agents chimiques. Enfin, les fruits et légumes peuvent receler des pesticides organophosphorés.

L’infertilité, le plus grand danger pour l’homme dénaturé

A cette petite liste non exhaustive des produits dangereux, il faudrait ajouter les PCB (biphényles polychlorés ) utilisés jusqu’à la fin des années 1970 dans la fabrication de matériels électriques, échangeurs de chaleur, systèmes hydrauliques…; les composés fluorés comme le fréon, dangereux pour la couche d’ozone; les dioxines… sans oublier les médicaments de l’armoire à pharmacie avec leur cortège de molécules de synthèse.

Depuis le 20ème siècle et le début de l’ère industrielle du pétrole, l’homme est devenu le moins naturel des êtres vivants de la création. Mais pour combien de temps encore ?

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