Personnellement, tout a commencé par une tache. Une tache d’encre énorme, impensable sur le dictionnaire de mon père. Annulation de toute tentative de sens. C’était bien avant d’écrire. Quand je croyais que l’écrivain devait avoir tout dans la tête avant de commencer. Mais le crayon entre les doigts, je ne me souvenais de rien. Les pages des cahiers restaient blanches, de peur d’y faire la moindre rature. Je voulais écrire directement au propre, mais ce qui sortait de ma tête était invariablement le même brouillon incompréhensible, les mêmes phrases terminées en impasse, les mêmes ratures qui s’érigeaient en barricade de ma pensée.
Question de culture.
– On ne présente pas un brouillon au lecteur me soufflaient les vieux maîtres. Essaie la poésie. Dissimule tes ratures sous des phrases inspirées, comme si elles semblaient le fruit du premier jet. Tire un trait sur tes hésitations, tes repentirs, tes contresens, tes contradictions, tes mensonges et tes affabulations, tes plagiats et toutes tes inventions saugrenues qui n’émeuvent que toi. Présente-nous le miel de tes heures sous la lampe, pas la machinerie, les subterfuges, les mécaniques du lyrisme. Ça n’intéresse personne. Nous ce qu’on veut, c’est de la belle phrase bien ciselée, parfaitement détachée sur fond blanc, surtout sans l’ombre d’une hésitation qui pourrait faire reculer le lecteur. Et si possible en rime.
À ce stade de ma réflexion, il ne me restait plus qu’à réinventer le tachisme ou tout autre mouvement consistant à trouver une excuse valable pour transformer la page en boule de papier.
La tâche de l’écrivain ? Une réflexion de cancre qui observe la chute puis l’éclatement en étoile de la goutte d’encre… Quand les bureaux d’écoles avaient encore des encriers et les fonds de la classe un radiateur, que les enfants savaient faire l’école buissonnière parce qu’il y avait encore des buissons pour planquer son cartable. Quand les écrivains excellaient dans l’art de tirer la langue française aux bien pensants en s’adonnant à une écriture de régression qui éclipsait pour moi tous les grands orfèvres de la littérature et autres maîtres de la pensée carthésienne, pour poser la seule question qui justifie l’écriture aujourd’hui que Beckett s’est tu : qu’est-ce que les mots ont à nous dire de plus que la vie ?
Bolo boblob olo bolobv Bolo boblob olo bolobv Bolo boblob olo bolobv Bolo boblob olo bolobv Bolo boblob olo bolobv
À la fin, les galeries et musées ne sont que des petits cimetières dorés où repose l'inanité de nos rêves, s’ils n’osent pas projeter l'art dans la tourmente du monde réel. Quel musée d'art contemporain serait capable aujourd'hui de trouer ses murs douillets pour exposer le "Cannone Bella Ciao" de Pino Pascali, alors que les...Continue reading→
"Écrire un poème après Auschwitz est barbare." Après Gaza c'est vital...
Le regard d’un chat ou d’un oiseau, d’un crabe ou d’un crapeau suffit à mettre la pensée à poil. Depuis l’aube des temps, nous pensons que l’homme est l’être supérieur de la création par excellence. Civilisation oblige ! Mais un jour, plus proche que n’est la lune, les animaux parleront de nous à l’imparfait, car...Continue reading→
J’ai peur que la vie ne dépasse pas la conscience de la vie. Sinon la vie serait l’immortalité et la mort une parenthèse. La conscience n’est pas une chose moins réelle que la vie. La conscience n’est pas une chose. La conscience est l’existence même des choses. Donner la priorité à la vie plutôt qu’à...Continue reading→
Le ciel qui va où On s’en fout On a la tête en l’air Et on reste là Planté dans la glaise A relire l’énigme Griffonnée sur un post-it Être ou ne pas naître Ici ou là-bas La question n'est pas là L’essentiel est ailleurs Où personne ne se hasarde A poser de question Sur...Continue reading→
Selon Alan Turing, le fameux mathématicien anglais qui décrypta la machine Enigma utilisée pour communiquer par les allemands lors de la seconde guerre mondiale, plutôt que se demander si les machines sont capables de penser par elles-mêmes, “demandez-vous si vous arrivez encore à distinguer si vous êtes en train de parler avec une machine ou...Continue reading→
Bouffon à temps complet Mal garé de la nuit Amoureux marital Sentimental sans timon Réciteur de Villon Influenceur Thérèse Hémophilodindron Dans l’attente d’une vie d’ange
Dans un quartier boboElle écrivait pour luiDes poèmes bien rangésSans un mot de traversNi une rime à l’envers Entre deux allaitementsIl suivait la musiqueDe ses allitérations en LDevant le double berceauAvec ses moustaches grisesEn forme d’hémistichesTaillées à la Friedrich NietszcheUne couche à la mainUn biberon dans l’autreIl savourait les motsDe sa Lou SaloméA peine...Continue reading→