À la fin, les galeries et musées ne sont que des petits cimetières dorés où repose l'inanité de nos rêves, s’ils n’osent pas projeter l'art dans la tourmente du monde réel. Quel musée d'art contemporain serait capable aujourd'hui de trouer ses murs douillets pour exposer le "Cannone Bella Ciao" de Pino Pascali, alors que les guerres saignent l’Ukraine, Gaza, le Liban, L'Iran, la Syrie, le Congo…?

Cannone Bella ciao - Pino Pascali exposé en 2001 dans la galerie l'Attico à Rome de Fabio Sargentini lors de l'exposition intitulée "Cannonata". (Photo prise sur le site https://www.artribune.com/editoria/libri/2023/11/libro-pascali-marco-tonelli/)
L’Attico di Fabio Sargentini, fameuse galerie romaine des avant-gardes Italiennes représentées dans les années 70 notamment par Pino Pascali et Gino De Dominicis n'hésita pas en 2001 à détruire un de ses murs -au grand dam des habitants de la copropriété- lors du happening Cannonata pour exposer le "Cannone Bella Ciao" créé de toute pièces par Pascali. Selon Fabio Sargentini, l'exposition naquit d'un souvenir, "comme une bombe non explosée qui émerge du sous-sol 30 ans après l'exposition historique de 1969 ". De Dominicis aurait suggéré : "Pourquoi ne pas exposer de temps en temps le canon de Pascali comme s'il avait tiré sur la paroi ?" Ce qui fut fait en 2001... et mériterait d'être porté dans les plus grans musées du monde en 2026 !
Textes en friches à défricher ou à déchiffrer
AMERDICA
Le Neighb’ se servit un fond de whisky et alluma la télé. Un flot d’images identifiantes commença de lui asséner ses quatre vérités. Celles qui lui manquaient pour se sentir moins seul. Un molleton de signification se posa sur sa conscience. Tournez manège, la réclame, la météo, les infos, Noël… Ça faisait des phrases et...Continue reading→
MOTS HASARDES
C’est comme si la phrase entre les mots respire. La forme est là pour révéler le fond. Les mots ne veulent rien dire d’autre que ce qu’ils ne disent pas. Alors, droit au silence. J’en appelle à Beckett. Il aurait su, lui. Traquer l’innommable. Infliger sa présence par l’absurde. C’est le matin. Plus de cinq...Continue reading→
PERPETE
Le temps nous fout en l’air. Personne ne se charge de la transmutation. On se ballade les mains dans les poches. Une clop au bec et les idée rances. A ruminer n’importe quoi tout le temps. Histoire de drugstore. Tout petit voyez-vous il ne savait pas quoi faire pour se rendre intéressant. Et voilà le...Continue reading→
USAGE ET TRAFIC DE MOTS
Ecrire. Saisir l’essentiel à dire chaque jour. Partir de l’enchevêtrement des neurones derrière les yeux. Atteindre leurs terminaisons les plus complexes épiant sous le derme. Et filer inlassablement cette ligne d’écriture noire, comme si on mettait toute sa vie dans ce minuscule jet sporadique devenu filon de soi. Lire. Faire le chemin inverse. Capter les...Continue reading→
SATANE SAM
C’était pas ton heure Cette heure perdue dans le néant Noyée de pleurs Pleurée de noix Cette heure freinée verticalement équitablement d’être là un homme rouge t’avait dit merci pourtant petit comme un oiseau lézard une becquée un simple alizé As-tu été heureux Heurtant eureka pourquoi pas Je sais pas tant peur j’avais Du leurre...Continue reading→
DESERTE HEURE
Comment ? Tu veux pas faire l’armée ? – Avec moi, vous seriez sûr de perdre… – T’irais pas nous défendre s’il y avait une guerre ?Taty Lucette me fixait terrifiée, outrée. Elle avait survécu au bombardement de Saint-Etienne par les américains en 1944 pendant la retraite des allemands. Elle avait cherché son frère de...Continue reading→


