Infertilité des hommes : 50 % de spermatozoïdes en moins

En 40 ans, le nombre de gamètes mâles produits par les testicules a diminué de moitié, et les risques de stérilité touchent aussi les hommes. Un danger qui rend les Français inégaux devant la baisse de la qualité du sperme comme le souligne un article du Monde.

En France, 10 à 15 % des couples n’arrivent pas à concevoir un enfant et sont obligés de consulter un spécialiste. Un chiffre qui s’élève à 30 % en Italie selon une enquête récente de l’université de la Sapienza à Rome.

Le point qui inquiète tout spécialement les andrologues est la baisse spectaculaire de fertilité enregistrée depuis ces dernières décennies en Occident chez les hommes. Le phénomène s’accompagne de l’augmentation des cas de malformations génitales, de régression des caractères sexuels masculins et la multiplication par quatre du nombre de tumeurs aux testicules.

On parle désormais de syndrome de dysgénésie testiculaire (TDS) pour qualifier l’apparition, au niveau de l’appareil reproducteur masculin, d’au moins deux symptômes parmi les suivants :

  • pénis malformé ou anormalement petit à la naissance (– 10 %) ;

  • testicules non descendus ;

  • diminution du nombre de spermatozoïdes produits (– 50 %) ;

  • augmentation du nombre de spermatozoïdes malformés ;

  • cancer des testicules.

Une diminution des hormones et de la fertilité masculine due à de nombreux facteurs

Les causes exactes de l’accroissement de la stérilité masculine sont encore difficiles à établir clairement, mais différentes pistes émergent :

  • facteurs environnementaux : pesticides, pollution… ;

  • alimentation : conservateurs, matières plastiques… ;

  • modes de vie : diminution de l’exercice physique, tabagisme, alcool, drogues, agents dopants… ;

  • absence ou diagnostic tardif de la pathologie ;

  • maladies sexuellement transmissibles ;

  • stress ;

  • augmentation de l’âge de conception du premier enfant : 30 ans.

Dans le collimateur des épidémiologistes et des chercheurs se trouvent les pesticides, insecticides, herbicides, fongicides, lessives, matières plastiques, additifs alimentaires, colorants, conservateurs… soit plus de 10 000 composés chimiques dont l’action, pour certains d’entre eux, ou leur combinaison dans l’organisme entrave la production et le travail des hormones sexuelles mâles.

L’action nocive démontrée des pesticides et produits phytopharmaceutiques

Dans les années 1970 au Danemark, les cas de stérilité chez les agriculteurs s’avéraient plus nombreux que dans le reste de la population, malgré une vie indubitablement plus saine. Des études menées sur des agriculteurs qui n’utilisaient pas de pesticides ni de produits phytosanitaires, montrèrent que les cas de stérilité étaient inférieurs à la moyenne nationale.

Les analyses qui furent effectuées par la suite décelèrent ces composés chimiques uniquement dans le sang des agriculteurs traditionnels. Il fut démontré que ces molécules, même en concentration minime, interféraient de façon aléatoire et imprévisible avec les hormones qui stimulent la production de spermatozoïdes.

En 1996, les chercheurs américains de l’Environnemental Protection Agency (EPA) dressèrent une longue liste d’agents chimiques introduits par l’homme dans l’environnement et susceptibles d’inhiber le système endocrinien masculin.

Une prise de conscience diverse de la stérilité masculine en France et en Italie

Interrogé sur « l’explosion de l’infertilité dans notre pays » en janvier 2010 à l’Assemblée nationale, le gouvernement français avait répondu à l’époque que « la première cause des problèmes d’infertilité est l’âge tardif du désir de procréation. […] Aux grossesses tardives s’ajoutent la chute, aujourd’hui avérée, de la fertilité masculine et les divers problèmes de stérilité féminine et masculine ».

« […] Plusieurs études récentes ont souligné l’accroissement des problèmes d’infertilité chez les hommes, suggérant un lien avec des facteurs environnementaux et notamment avec l’exposition à certains produits toxiques, le tabac étant le principal de ces facteurs chez l’homme (impuissance, baisse de la fertilité). »

Le gouvernement prévoit de lancer une campagne d’information et de prévention pour sensibiliser les jeunes aux effets néfastes de l’âge sur la fertilité du couple et les dangers d’une grossesse tardive. L’objectif étant « de rappeler aux jeunes couples qu’en matière de procréation « le temps perdu ne se rattrape pas toujours » ».

En Italie, où 28 à 33 % des garçons de 18 ans seraient déjà touchés par le TDS, les autorités ont choisi d’affronter le problème par la détection. Une campagne est actuellement menée pour inciter les jeunes à consulter un andrologue.

Conséquences de l’infertilité masculine sur la population mondiale

Malheureusement, les données épidémiologiques actuelles ne concernent que les pays riches où des études statistiquement représentatives ont été faites. Mais il y a fort à penser que les pays pauvres et en voie de développement sont aussi touchés du fait de l’utilisation intensive de pesticides, plastifiants et toxiques qui comptent parmi les premières causes du TDS.

Blessé dans sa virilité et dans ce qu’il a de plus précieux à transmettre – la vie –, le genre masculin est-il en péril ? En un siècle, la population mondiale a plus que quadruplé. De 1,5 milliards d’habitants en 1900, elle est passée à 6,8 milliards en 2010. Au point qu’il y a cinquante ans, les démographes annonçaient une explosion démographique mondiale de 15 milliards d’êtres humains pour 2050 !

Pourtant, leur calcul a dû être revu à la baisse avec « seulement » 9,1 milliards prévus d’ici quarante ans. Mais la raréfaction des spermatozoïdes des hommes n’y est pour rien. La baisse de la fécondité mondiale est liée avant tout à l’augmentation de l’alphabétisation des femmes…

3 Comments

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  3. C’est triste quoi:( Cela ne fait que prouver que le fait que la conception des enfants est une affaire à deux donc il est nécessaire que les hommes prennent soin de leur santé réproductif. Dans mon cas c’était hélas moi qui avait des problèmes de stérilité et pour cela on s’est adressé dans une clinique en Ukraine, Biotexcom, qui nous a bien aidé à devenir parents enfin:)

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