Mariage pour tous : l’autre idée de la paternité et de la maternité

Alors que vient d’être votée la loi sur le mariage pour tous, un livre de Claude Lévi-Strauss “Nous sommes tous des cannibales” (Seuil) propose un recueil de 16 essais jamais parus en France. L’occasion de réviser notre définition de la paternité et de la maternité.

Parmi les différents thèmes consacrés à la société contemporaine et publiés entre 1989 et 2000 par le journal Italien Repubblica, le père du structuralisme aborde celui de la parenté en ayant recours a des exemples pris dans d’autres cultures. Ainsi, parmi les peuples du Nil de l’Afrique et du Nigéria, si une femme est stérile, elle est considérée socialement comme un homme. Donc elle peut épouser une autre femme et devenir “père” des enfants que sa moitié génère avec un autre homme.

Si chez nous le juge, le législateur, le moraliste et pour finir, l’homme de la rue, sont désorientés à l’idée d’une parenté virtuelle infinie, l’anthropologue ne l’est en rien. C’est même le seul, affirme Lévi-Strauss, à disposer des instruments pour comprendre vraiment quelque chose. Parce que les cultures étudiées par les ethnologues ont affronté à l’avance ces questions. Et même sans la fécondation assistée, elles ont toujours expérimenté autant de façons diverses d’être parents. Dans ce sens, les autres ont quelque chose à nous apprendre.

Les rôles sociaux sont en continuelles redéfinition et dépassent les simples liens du sang. L’auteur de Tristes Tropiques va même jusqu’à démentir par de nombreux exemples l’idée qu’il existe une forme de famille naturelle. L’adoption de la loi sur le mariage pour tous offre ainsi une nouvelle vision “laïque” élargie de la famille dans notre société, qui n’aurait pas déplu à l’auteur disparu en 2009.

Marcel Duchamp

Interview de Marcel Duchamp : “Je ne crois pas à l’art, plutôt à l’artiste.”

En 1964, le critique d’art du New Yorker Calvin Tomkins eut plusieurs fois l’occasion d’interviewer l’artiste Marcel Duchamp. Restées inédites, ces rencontres avec l’inventeur du Ready-made sont publiées pour la première fois aux Etats-Unis.

En voici des extraits parus en Italien dans le journal Repubblica, que je me suis fait un plaisir de vous retranscrire dans la langue de Molière. Histoire de rendre au génie de Marcel Duchamp ce que le français lui avait donné, la naissance à défaut de reconnaissance…

Des propos qui vont à contre-courant de la conception de l’art et qu’il fait bon de relire à cinquante ans de distance.

C.T : … J’aimerais que vous me parliez de votre vie à New York avant la Grande Guerre. Vous avez dit que la cité avait beaucoup changé depuis.

Marcel Duchamp : La vie a changé partout dans le monde. Prenez les taxes. En 1916 et 1920, les taxes n’existaient pas, ou elles étaient tellement négligeables que les gens n’y pensaient jamais. Aujourd’hui, quand approchent les mois de mars et avril, tous s’agitent et se plaignent de ne pas pouvoir s’acheter ceci ou cela parce qu’ils doivent payer les taxes.

Cette frénésie était inconnue à l’époque. Et même le reste de la vie en général était plus tranquille, au moins dans les rapports entre personnes. Il n’y avait pas la course des souris, cette course forcée au succès qu’on connait maintenant. Le monde entier aujourd’hui a l’obsession de courir au succès.

C.T : Mais, malgré tout ce mercantilisme et cette course au succès, force est de reconnaître que parmi les artistes plus jeunes aujourd’hui, on trouve un grand ferment, beaucoup d’inventivité, d’excitation… (nous sommes en 1964)

Marcel Duchamp : Oui, à l’époque il y avait moins de mouvements qu’aujourd’hui et pas autant d’artistes. Faire le métier d’artiste était réservé à peu, tandis qu’aujourd’hui, un jeune qui n’a pas de prédisposition particulière pour quelque chose te dit : “Peut-être que j’essaie dans l’art.” De mon temps, les jeunes qui ne savaient pas quoi faire essayaient la médecine, ou étudiaient pour devenir avocats. C’était ce qui se faisait.

C.T : Pensez-vous l’idée diffuse que faire de l’art est simple ?

Marcel Duchamp : Non, ce n’est pas plus simple qu’avant de faire de l’art, c’est qu’il y a plus de galeries. Mais aussi beaucoup plus de concurrence.

C.T : Et d’après vous, toute cette nouvelle activité artistique n’est pas un signal positif ?

Marcel Duchamp : Oui, si on le regarde d’un point de vue social. Mais sur le plan esthétique, cela me semble très dommageable. A mon avis, une production aussi abondante ne peut générer que médiocrité. Il n’y a pas le temps de de réaliser des œuvres vraiment belles. C’est ce que j’appelle l’intégration de l’artiste dans la société.

Cela signifie que l’artiste a acquis un statut équivalent à celui de l’avocat, du médecin. Il y a cinquante ans, nous étions des parias. Les parents d’une jeune fille n’auraient jamais consenti à lui faire épouser un artiste.

Marcel Duchamp : “L’artiste a acquis un statut équivalent à celui de l’avocat, du médecin. Il y a cinquante ans, nous étions des parias.”

C.T : Mais cela vous plaisait d’être vu comme un paria ?

Marcel Duchamp : Ah oui, bien sûr, ce n’est pas très commode mais au moins tu as la sensation de réaliser quelque chose de différent et d’inhabituel, qui restera pendant des siècles après ta mort.

C.T : Donc, vous désapprouvez le fait que l’artiste s’intègre dans la société ?

Marcel Duchamp : D’un certain côté, c’est une chose très plaisante parce qu’il y a la possibilité de gagner sa vie avec l’art. Mais c’est délétère du point de vue de la qualité du travail fourni.

Je suis de l’avis que les choses importantes doivent être réalisées avec lenteur. Je ne crois pas à la vitesse et c’est ce qui se produit avec l’intégration. Je ne crois pas à la rapidité, à la vitesse, concepts désormais introduits dans l’art, pour pouvoir le faire vite.” Plus c’est rapide, meilleur c’est” disent-ils.

C.T : Vous avez déclaré que votre œuvre a contribué à créer ce phénomène que vous venez de décrire. La création des ready-made par exemple…

Marcel Duchamp : Mais quand je réalisais des choses comme celles-ci, ce n’était pas avec l’idée d’en produire des milliers. L’objectif était de me soustraire à la capacité d’échange, à la monétisation pour ainsi dire de l’œuvre d’art.

Je n’ai jamais eu l’intention de vendre mes ready-made. C’était un geste pour démontrer qu’il était possible de faire quelque chose, sans l’arrière pensée d’en tirer de l’argent. En fait je ne les ai jamais vendus. Je ne les ai même jamais exposés. Personne ne les a jamais vu jusqu’à il y a une vingtaine d’années.

Quand je les ai exposés à la Galerie Bourgeois en 1916, Bourgeois me fit comme une faveur de les inclure dans l’exposition, comme une chose ironique (de sa part, pas de la mienne).

Si je suis responsable de ce qui arrive aujourd’hui, je le suis jusqu’à un certain point, pas entièrement.

C.T : Que pensez-vous de la conception contemporaine de l’art comme de quelque chose qui n’est pas fixe, qui est autre chose qu’un chef-d’œuvre fixé au mur ?

Marcel Duchamp : La difficulté est de le faire comprendre à celui qui l’achète. Les collectionneurs sont une catégorie très traditionaliste ! En général, ils ne sont pas suffisamment intelligents. Ils ont tendance à sentir les choses, se laissent guider par leurs sensations, ce ne sont pas des intellectuels.

Pour eux, c’est déjà un grand pas en avant de comprendre que ce qu’ils achètent n’est pas fait pour être accroché à un mur ou décorer leur habitation. Ils sont toujours prêts à dire :” Je veux l’acheter surtout pour le montrer à mes amis”, ou “quand ils viendront à mon cocktail, je veux qu’ils voient mon Rauschenberg”.

Ils veulent regarder les couleurs et la combinaison des formes et dire avec désinvolture :” Oh celui-ci je l’adore, il ne te plait pas ? Ah il est merveilleux”. C’est leur vocabulaire. Un vocabulaire merveilleux, non ? (éclat de rire)

Marcel Duchamp : “Les collectionneurs sont une catégorie très traditionaliste ! En général, ils ne sont pas suffisamment intelligents.”

C.T : Serait-ce plus salutaire si le collectionneur recevait ces œuvres d’une façon plus proche de l’esprit avec lequel elles ont été conçues ?

Marcel Duchamp : Au moins il y aurait une possibilité de retourner à une approche spirituelle qui aujourd’hui manque complètement. Ou plutôt, qui est occultée par la valeur monétaire des tableaux.

Ceux-ci peuvent être très spirituels mais le collectionneur finit toujours par dire : “je l’ai payé tant.” Ou trop, ou trop peu, et c’est bien dans les deux cas. Si c’est trop peu, il demande : “J’ai mal fait ?”. Et si c’est trop, il dit “Je suis fier de l’avoir payé si cher”.

C.T : Vous pensez que le mercantilisme soit devenu le caractère dominant dans le monde de l’art aujourd’hui ?

Marcel Duchamp : C’est l’effet de l’intégration. Cela signifie que si un avocat ou un médecin font quelque chose, il sont payés pour cela, et c’est une chose entendue qu’ils doivent être payés pour les services qu’ils rendent. Dans le cas de l’artiste -intégré pour la première fois depuis un siècle parmi eux-, il doit être payé pour ce qu’il fait. C’est normal, automatique. Personne ne se préoccupe plus de raisonner là-dessus ni d’avoir à le justifier.

C.T : Selon vous, que peut faire un jeune artiste pour briser les cages d’aujourd’hui, comme vous avez brisé celles d’hier, avant la Grande Guerre ?

Marcel Duchamp : Le grand artiste de demain devra entrer en clandestinité. Si la chance est avec lui, il sera reconnu comme tel après sa mort, mais il pourrait aussi passer inobservé. Entrer en clandestinité signifie ne pas être tenu d’interagir en termes d’argent avec la société.

Ne pas accepter l’intégration. Aujourd’hui, un artiste peut être un génie, mais si il se laisse contaminer par les flux financiers qui lui tournent autour, son génie fondra jusqu’à disparaître.

En dépit de ce qu’aura dit ou fait l’artiste, il restera de lui quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’il désirait : son œuvre aura été capturé par la société qui se la sera appropriée. L’artiste ne compte pas. La société prend ce qu’elle veut. C’est l’interaction avec le public qui fait le tableau. Sans cela, il disparaîtrait dans un grenier, aucune œuvre d’art n’existerait vraiment.

L’œuvre d’art est toujours basée sur deux pôles : le public et l’auteur, et l’étincelle qui résulte de cette action bipolaire donne vie à quelque chose, comme l’électricité. Il n’y a pas besoin de dire que l’artiste est un grand penseur parce qu’il produit l’œuvre d’art. L’artiste ne produit rien tant que celui qui regarde ne dit : “Tu as fait quelque chose de merveilleux”. C’est celui qui regarde qui a le dernier mot.

Marcel Duchamp : “Le grand artiste de demain devra entrer en clandestinité.”

C.T : En d’autres mots, l’artiste ne devrait pas se considérer un être suprême ?

Marcel Duchamp : Essayez de lui dire ! Un artiste me répondrait : “Tu es fou ! Je le sais ce que je suis en train de faire”. Ils ont un ego démesuré. Nauséabond.

C.T : Mais c’est une attitude qui est en train de changer, non ? Les artistes pop-art semblent se prendre moins au sérieux que les expressionnistes abstraits.

Marcel Duchamp : Oui, c’est une sorte d’humorisme et ce n’est pas un mal. C’est peut-être même le présage d’une époque dans laquelle l’humour entrera dans l’art, dans laquelle les gens ne seront plus aussi sérieux et l’argent aussi important. Et il y aura du temps libre à disposition. Il faudrait trouver un système grâce auquel tous ont assez d’argent, sans devoir travailler pour le gagner.

C.T : Vous n’avez jamais cherché à discuter de ces théories avec un autre artiste ?

Marcel Duchamp : En général, je n’aime pas discuter. Avec les artistes, on ne discute pas, tu dis des paroles et eux disent des paroles, il n’y a pas la moindre concession. Zéro absolu. Magnifique des deux côté, un tas de paroles neuves, un langage poli, mais aucun échange réel et aucune compréhension des idées de l’autre.

C.T : Si on revient au discours mercantiliste, quelle est l’importance du rôle du marchand d’art dans la vie des artistes ?

Marcel Duchamp : Ils ont lancé tellement de jeunes. Mais il y a aussi des poux qui vivent sur les épaules de l’artiste. Même les collectionneurs sont des parasites. Ils me plaisent beaucoup, ce sont des personnes sympathiques, mais cela n’a rien à voir avec leur caractéristique de fond d’être des parasites de l’artiste. Ils sont une forme de parasitisme très particulier qui, au lieu d’être un obstacle, valorise.

C.T : Vous avez déclaré que nous sommes au point le plus bas dans l’histoire de l’art.

Marcel Duchamp : En réalité, il n’y a pas un point plus bas et un point plus haut, mais j’ai peur que de notre cher siècle, dans cinq cent ans, on ne se rappellera pas grand chose. Par rapport au dix-huitième siècle, il aurait la même valeur que le dix-septième, avec ses formes artistiques jugées frivoles, légères, plus ou moins décoratives. De plus, l’art du dix-neuvième est réalisé de façon à ne pas durer. Les matériaux employé pour produire l’art sont extrêmement périssables. Les artistes utilisaient des pigments pauvres. Je l’ai fait moi-même. Le résultat, c’est que bientôt, beaucoup de ces œuvres disparaîtront. Les tableaux s’émiettent continuellement, ils sont réparés et restaurés en permanence. Et même les restaurateurs les détruisent en partie parce qu’ils les restaurent trop. Quand une croute de peinture se détachent, il faut recoller le morceau et cela comporte une autre retouche. Tout cela a un nom : art rapide, art pour l’instant présent, qui se moque du futur ou du passé. Je retiens que cela a été la caractéristique de tout le siècle, des fauvistes aux suivants. Il fallait faire un tableau en un après-midi. Autrement tu es stupide. Ou mieux, tu es jugé sans importance. Mais c’est une chose que je ne peux pas admettre. Quand je fais une chose, je ne la fais pas en cinq minutes ou en cinq heures, mais en cinq ans. Je pense que la lenteur de l’exécution possède quelque chose qui rend plus probable de produire une œuvre durable dans son expression, une œuvre qui à distance de cinq siècles sera considérée encore importante.

C.T : Pouvez-vous mieux développer le concept “sortir de la tradition” ?

Marcel Duchamp : Cela devrait être l’attitude adoptée par celui qui veut trouver quelque chose de propre. Pour faire quelque chose de personnel, vous devez oublier ce que vous avez appris. C’est quand vous commencez à oublier que vous trouvez quelque chose… d’autre. Certes, Peut-être vous essayez sans jamais réussir. Vous croyez faire quelque chose de totalement personnel et un an après, vous le regardez et vous voyez les racines d’où proviennent inconsciemment votre art. Le Nu qui descend l’escalier n’était pas quelque chose de nouveau pour moi au moment où je le faisais. Je ne le savais pas. Seulement après, devant la réaction des autres, j’ai découvert que c’était quelque chose de nouveau.

C.T : On a beaucoup écrit sur le ready-made, forme de protestation contre l’art vu comme une marchandise. Vous préférez considérer l’art comme une forme de magie ?

Marcel Duchamp : Plus j’avance, plus il me semble que ce soit impossible. Il y a ce dilemme, comme vous avez souligné, lié au fait que celui qui regarde est aussi important que l’artiste. J’attribue au public quasiment plus d’importance qu’à l’artiste, parce que non seulement il regarde, mais parce qu’il émet aussi un avis. Je pense que c’est le moyen pour introduire dans la société le jeu sans importance de l’art. C’est comme un jeu entre le spectateur et l’artiste. Comme la roulette ou une drogue. Donc l’aspect magique de l’art est quelque chose auquel je ne crois plus, je crains d’être un agnostique de l’art. Je ne crois pas dans l’art avec toutes ses fioritures, la mystique, la révérence etc. En tant que drogue, il est très utile pour énormément de gens. C’est un sédatif qui provoque la dépendance.

Marcel Duchamp : “En tant que drogue, l’art est très utile pour énormément de gens. C’est un sédatif qui provoque la dépendance.”

C.T : C’est une drogue aussi pour l’artiste ?

Marcel Duchamp : Oui, mais d’une autre façon. C’est un aspect psychologique, le fait de se mettre sur un piédestal. L’artiste fait tout son possible pour penser qu’il entrera faire partie des collections du Louvre ou du Metropolitan Museum. En utilisant l’art comme une échelle. C’est un autre chapitre de la vie, le chapitre de l’ambition. Mais cela se trouve de partout.

C.T : Votre définition de l’art par certains côtés se rapproche de celle de Matisse, l’art comme fauteuil commode ?

Marcel Duchamp : Certainement, cela présente divers avantages. Mais en même temps, il n’y a pas besoin de lui donner cette reconnaissance d’être une espèce de religion. Dieu est beaucoup mieux (il rit). Tout ce qui est systématisé met peut de temps à devenir stérile. Rien ne possède une valeur éternelle. Cela dépend comment l’accueille la société. La pauvre Joconde désormais est finie, pour autant que son sourire soit merveilleux, elle a tellement été regardée qu’il a disparu. Je suis convaincu que quand un million de personnes regarde un tableau, par le seul fait de le regarder ils le modifient. Dans le sens concret. Vous comprenez ce que je veux dire ? Ils modifient l’image physique sans s’en rendre compte. Il y a une action, transcendantale naturellement, qui détruit de manière absolu tout ce que vous auriez pu voir quand elle était encore vivante. Le public est partie intégrante de la réalisation du tableau, mais il exerce aussi une influence diabolique, simplement par le fait de le regarder. La même chose est arrivée avec mon Nu descendant l’escalier. De tableau scandaleux, il est devenu une peinture ennuyeuse, parce qu’il a été trop regardé. Ah, encore le Nu (il rit).

C.T : En décidant de repousser les limite des lois de la physique et de la chimie, vous cherchez à adopter un point de vue ironique ?

Marcel Duchamp : Oui, avec l’idée que cela serait plus qu’un jeu, quelque chose pour lequel il vaille plus la peine de vivre : réussir à repousser les limites de ces lois, les rendre plus élastiques…

C.T : Pourquoi la vie serait-elle plus intéressante ainsi ?

Marcel Duchamp : Il y aurait plus d’imagination, plus de liberté d’action, plus de manque de sérieux, plus de jeu, plus d’espace pour respirer au lieu de travailler. Pourquoi l’homme devrait-il travailler pour vivre , Le pauvre a été mis sur la terre sans son consentement. Il est obligé d’être ici. Le suicide est une chose difficile à réaliser. La vie c’est les travaux forcés. C’est notre destin, nous devons travailler pour respirer. Je ne comprends pas pourquoi c’est aussi admirable. Je conçois parfaitement une société dans laquelle il y ait une place pour les fainéants. J’avais même pensé fonder une maison pour les fainéants, l’Hospice des paresseux. Si tu es fainéant et que les gens acceptent que tu ne fasses rien, tu as le droit de manger, de boire, d’avoir un abri. Une maison dans laquelle tout cela gratuitement. A condition de ne pas travailler. Si tu commences à travailler, tu es chassé.

C.T : Votre vie est remplie par l’art, mais il semble que vous ne croyez pas tant à l’art ?

Marcel Duchamp : Je ne crois pas à l’art. Je crois à l’artiste.

Texte librement traduit de l’italien au français, à partir d’une traduction de l’anglais en italien de Fabio Galimberti. Photographie empruntée sur le site ArtPlastoc

Quand le Land Art se prend un râteau…

Les œuvres de l’homme sont éphémères et destinées à s’effacer au bout de quelques heures ou de quelques siècles. Celles de l’artiste de plage anglais Tony Plant en sont la parfaite illustration.

Quand il part exécuter ses cercles parfaitement concentriques sur le sable, le Land Art se prend un râteau à chaque marée ! A peine le temps de tracer ses immenses figures à marée basse et de les photographier que déjà elles disparaissent comme des ronds dans l’eau quand la mer recouvre la plage. Toutes les si heures, les vagues se chargent d’effacer son travail.

Les étranges spirales galactiques de Tony Plant durent seulement le temps de faire résonner la part de cosmos qui est en nous. Après tout, être condamné à rouler éternellement une pierre en haut d’une montagne ou à ratisser des grains de sable sur une plage, c’est un peu la même chose. “Il faut imaginer Sisyphe heureux” écrivait Albert Camus. Superbe et so Zen !

Voir la page Facebook de l’artiste Tony Plant

Voix d’Or : l’audio pour faire face au grand âge et à l’Alzheimer

Une psychothérapeute diplômée en Alzheimerologie et productrice d’émissions radiophoniques active la mémoire émotionnelle des malades par la magie des sons.

Selon les chiffres du ministère de la Santé, “près de 350 000 personnes bénéficient d’une prise en charge pour affection de longue durée (ALD25) de type maladie d’Alzheimer et maladies apparentées”. Des chiffres appelés à augmenter dans les prochaines années si l’on considère le vieillissement de la population.

Les solutions de traitement des maladies neurodégénératives laissent souvent les familles impuissantes devant les pertes de facultés qui frappent un de leurs proches. Soulager les malades d’Alzheimer avec une simple radio diffusant des programmes d’écoute sur mesure, c’est l’idée de la thérapie originale “Voix d’Or“, inspirée des recherches en sciences humaines relatives à la communication avec les personnes âgées.

Voix d’Or, une méthode non médicamenteuse innovante qui procure un réel bien-être moral aux patients atteints d’Alzheimer

La méthode Voix d’Or s’appuie sur les travaux du professeur Louis Ploton, géronto-psychiatre de renommée internationale, qui se consacre au sujet depuis plus de vingt ans dans le laboratoire de psychologie de l’université Lyon 2.

Selon le chercheur, “la mémoire affective, c’est celle que l’on construit le plus tôt et qui demeure. Les malades d’Alzheimer pensent avec des impressions plus qu’avec le verbe”. D’où l’idée d’exploiter la richesse du champ sonore pour réveiller cette fameuse mémoire affective qui reste le seul lien de la personne fragilisée avec son environnement.

Il n’en faut pas plus pour convaincre Lina Braunschweig, psychothérapeute et femme de radio, de pousser l’expérience plus loin. Après un travail théorique et sur le terrain qui demandera deux ans de collaboration et de tests en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), elle décide de créer un support et des programmes audio spécifiques : la méthode Voix d’Or, validée par l’université Lyon 2 et le CHU de Reims.

Début 2010, la société Sonora voit le jour pour prendre en charge la production sonore et la distribution de Voix d’Or, qui équipera bientôt une quarantaine d’établissements spécialisés en Rhône-Alpes. Depuis le mois de mars, cette méthode fait l’objet d’un protocole d’évaluation scientifique au CHU Charpennes à Lyon, dans une unité pilote cognitivo-comportementale dirigée par le docteur Krolak-Salmon.

Comment se présente le dispositif Voix d’Or ?

Au premier abord, l’outil Voix d’Or ressemble à un poste radio au style rétro sorti des années 1960. Véritable support à la relation et à la communication entre les résidents et le personnel soignant, il recèle un dispositif audio complet et évolutif au service de tout le personnel d’un EHPAD

:

  • un poste de diffusion radio puissant à l’aspect rassurant et muni d’une télécommande ;

  • un éventail de contenus audio de très haute qualité, renouvelé tous les mois ;

  • des modules de formation pour le personnel de soins et d’animation.

Les programmes sont réalisés par des professionnels de la radio (ingénieurs du son, comédiens…) formés à la méthode de Voix d’Or. Placés sur une carte SD, ils sont mis à la disposition de l’équipe soignante (AMP, animateur, psychologue, orthophoniste, gériatre, aide-soignante…) qui peut l’utiliser en fonction de ses compétences et de ses objectifs grâce à la diversité des contenus audio :

  • actualité par thème et éphémérides ;

  • jeux sonores et jeux musicaux ;

  • mémoire du passé ou d’objets ;

  • poésie de la nature ;

  • contes, fables et mythologies ;

  • philosophie et spiritualité ;

  • gymnastique douce et relaxation ;

  • plages musicales.

Les bénéfices de Voix d’Or pour les personnes âgées

“L’idée n’est pas de les maintenir dans le passé ni de les infantiliser, assure Lina Braunschweig, on cherche l’éveil.”

  • Utiliser les capacités restantes.

  • Retrouver des pans entiers de son histoire de vie et le désir de transmettre.

  • Diminuer l’angoisse de la perte d’identité et se sentir valorisé en redevenant “sujet”.

  • Faciliter son travail psychique et son bilan de vie.

Les programmes proposés permettent de moduler parfaitement les temps d’écoute en fonction des moments de la journée : éphéméride au petit déjeuner, jeu musical avant le repas de midi, karaoké, poésie ou fable au goûter, ambiance zen dans le salon à l’heure de la sieste ou pour apaiser un soin douloureux, calmer une déambulation nocturne… Autant d’occasions de valoriser la personne et son histoire de vie.

Le site Voix d’Or prévoit l’ouverture d’un espace interactif dédié aux abonnés pour permettre la supervision et favoriser l’échange d’expériences sur les pratiques.

Pour la créatrice de Voix d’Or – touchée de près car, dans sa famille, elle est “la première femme depuis cinq générations à avoir dépassé 50 ans avec tous ses neurones…” –, l’objectif n’est pas de retarder la maladie, mais d’éviter surtout “l’apathisme”. Et sur ce point, les résultats sont déjà encourageants.

Fukushima : un dessin animé pour rassurer les enfants japonais

A défaut de pouvoir garantir la sécurité nucléaire des habitants, les autorités japonaises veillent sur la tranquillité des enfants avec un film surprenant.

Après avoir fait la une de tous les médias, le Japon peine à se relever matériellement et psychologiquement du tremblement de terre du 11 mars 2011, qui a atteint une magnitude -jamais enregistrée- de 8,9 et entraîné un énorme tsunami ravageant le nord-est du pays.

Confronté aux forces de destruction de la nature et -ironie du sort- à une infernale réaction en chaîne d’éléments qui a conduit à l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, classé niveau 7 comme Tchernobyl, le peuple japonais continue de susciter l’admiration du monde entier par son calme et son incroyable dignité dans l’épreuve.

Cette population que l’on dit habituée aux déplacements fréquents des plaques tectoniques, semble être bâtie comme ses constructions: aux normes anti-sismiques et impossible à déstabiliser même en cas d’alerte nucléaire. Mais comment expliquer une telle abnégation en plein chaos ?

La communication de crise au secours de l’information

Faut-il voir là seulement l’un des effets de la philosophie zen, qui tend à redimensionner la place de l’homme par rapport à la nature et donc à minimiser le danger nucléaire au regard de l’immensité des forces cosmiques en présence dans l’univers ? Ou est-ce l’expression de résignation d’un peuple déjà gravement traumatisé par les deux bombes nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki, et dont les pères de la nation n’ont pas eu d’autres choix que d’accepter la technologie nucléaire américaine pour se relever de la défaite après la Seconde Guerre mondiale ?

Pourtant, en dépit du calme apparent de la population, les autorités japonaises ont dû très vite prendre la mesure du désastre environnemental et faire face aux conséquences psychologiques de l’accident nucléaire de Fukushima sur les jeunes enfants, exposés à la diffusion en boucle des images de la catastrophe, aux contrôles des taux de radiation, à la perte de leur maison et à l’inquiétude croissante des adultes.

Une animation de 4.30 mn réalisée dans un style enfantin sur des accents de bandjo évoquant la musique country américaine -allez savoir pourquoi !-, une bande son bourrée de bruitages scatologiques, tels sont les ingrédients du film de communication concocté à la hâte pour apporter une réponse rassurante aux questions inévitables des petits nippons.

Un exemple d’infantilisation et de propagande en faveur du nucléaire

Pour un occidental, le concept de communication a de quoi dérouter. La centrale nucléaire de Fukushima est comparée à un bébé pris de coliques et qui s’apprête à faire ses besoins. Heureusement, explique la voix off, il s’est contenté jusque-là de faire des pets, nauséabonds certes, mais qui se dispersent avec le vent. Mais s’il se met à faire caca, on est tous dans la m… semble vouloir dire en substance cette “analogie”, géniale et tranquillisante pour les un(e)s, débile et irresponsable pour les autres, trouvée par les créatifs d’une agence de communication japonaise.

Conçu dès les premiers jours qui ont suivi l’accident, ce film a pour objectif évident de rassurer les esprits les plus faibles et les plus impressionnables en minimisant la portée de l’accident nucléaire. Pour expliquer le problème de la centrale de Fukushima aux enfants, le procédé consiste d’abord à installer une distance imaginaire avec l’évènement à travers le dessin animé, principal vecteur de communication sur les moins de 10 ans.

Ensuite, il suffit de raconter une histoire pleine de “pipi-caca-prout-prout” dont raffolent les enfants et leurs mamans pour éveiller leur attention et les culpabiliser dès leur plus jeune âge. Le premier mode de contamination du nucléaire passe par l’esprit, comme si les risques d’exposition aux radiations de cesium 137 n’était pas suffisants. “A cause du séisme de la dernière fois… notre ami Nucléaire a eu mal au ventre… Il va faire caca”, explique-t-on. “Mais le caca nucléaire sent si mauvais que s’il se fait dessus, tout le monde sera bien embêté”.

La désinformation comme ultime rempart à la peur du nucléaire

Mais le parallèle ne s’arrête pas là. Pour donner un ordre de gravité des dommages subis par les réacteurs de Fukushima, l’accident de Three Miles Island en 1979 est comparé à une crise de flatulence et celui de Tchernobyl à une diarrhée.

A l’évidence, le but du spot n’est pas d’expliquer les dangers du nucléaire aux marmots en âge de zapper, mais de rendre sympathique “notre ami nucléaire” auprès des enfants tout en infantilisant leurs parents. En admettant que l’extrême naïveté du message soit de nature à rassurer les bambins, ce petit chef-d’œuvre de désinformation et de propagande en faveur du nucléaire laisse surtout l’idée que les enfants, comme les centrales, sont laissés à l’abandon. A la seule différence que les enfants japonais, eux, ont une mère pour les changer, “Notre ami nucléaire”, non !

Hoax : la France touchée par le syndrome du larbin

Voici une vidéo qui a de quoi nous faire rire jaune, toutes critiques gardées à l’égard à la nationalité de son auteur, le vénérable professeur chinois Mehlang Chang et du pays qu’il représente. Il faut reconnaître que ce point de vue extérieur sur la France fait très mal, parce qu’il touche avec une ironie jubilatoire des arguments très pertinents, comme la mauvaise conscience des Français sur leurs droits sociaux, insufflée de toute pièce par les médias et les politiques, ou encore les incohérences entre la difficulté de trouver du travail et l’obligation de travailler plus longtemps pour bénéficier d’une retraite.

En ces temps de croissance économique proche du zéro et de remise en cause forcée de nos acquis sociaux, il y a quelques vérités qui sont bonnes à dire et moins bonnes à entendre. J’ai donc repris intégralement le texte de la vidéo pour le rendre visible par les moteurs de recherche et faciliter sa diffusion…

Un hoax en forme de « canular laqué »

… Avant de m’apercevoir que j’avais été dupé, comme plusieurs centaines de milliers d’internautes ! Il s’agit d’un canular… laqué si j’ose dire, mais le texte vaut le détour tant il sonne juste en ces temps de remise en cause des acquis sociaux, de rétablissement des privilèges et de rumeur publique !

Journaliste CCTV : – Bonjour, aujourd’hui dans notre rubrique d’économie, nous allons nous intéresser au déclin de la France. Professeur Mehlang Chang, vous êtes chercheur en économie politique. Vous avez écrit l’ouvrage : La patrie des droits de l’homme en déclin. Pouvez-vous nous en parler ?

Professeur Mehlang Chang : – La France n’est plus que l’ombre d’elle-même. C’est une nation au bord de l’échec.

Journaliste CCTV : – Tout à fait !

Professeur Mehlang Chang : – Le pays est dirigé par une classe politique corrompue qui pille les richesses publiques pour le bénéfice d’une petite oligarchie financière. Plus grave encore, ce sabotage est organisé avec le consentement du peuple français. Car une majorité de Français votent contre leurs propres intérêts, au profit des rentiers qui les exploitent sans contrepartie. C’est absolument incroyable. Une partie des recettes fiscales est redistribuée aux milliardaires de ce pays. Malgré une dette record et une pauvreté grandissante. Leur président, c’est Robin des bois à l’envers. Ce petit personnage est le valet des plus fortunés qui pervertissent et ruinent leur modèle social.

Journaliste CCTV : – Je vois, c’est une inversion des valeurs.

Professeur Mehlang Chang : – Leur économie est à l’image de leurs illusions libérales, le marketing, le trading, les compagnies d’assurances ne créent globalement aucune richesse.

Journaliste CCTV : – C’est évident.

Professeur Mehlang Chang : – C’est évident mais ils ferment les hôpitaux, les crèches, les bureaux de poste, tout ce qui ne profite pas directement aux portefeuilles d’actions des privilégiés.

Journaliste CCTV : – C’est de l’autodestruction en puissance. Que font les médias et les politiques, n’y a-t-il personne pour tirer la sonnette d’alarme ?

Professeur Mehlang Chang : – Vous savez, les Français ne se soucient guère que du football et de la santé de Johnny Halliday.

Journaliste CCTV : – Il fallait au moins ça, ah, ah !

Professeur Mehlang Chang : – C’est vraiment pathétique. La propagande de masse et les médias ont réussi à les culpabiliser sur leurs acquis sociaux.

Journaliste CCTV : – Leurs acquis sociaux qu’ils ne doivent pourtant qu’à eux-mêmes.

Professeur Mehlang Chang : – Oui, alors ils se laissent dépouiller, les travailleurs français n’ont pas conscience de leur haut niveau de compétitivité et de productivité. La France est immensément riche, mais pas les Français. Tout à l’heure je parlais de leur dette faramineuse. Les français ignorent qu’elle provient uniquement de la confiscation de leur droit régalien de création monétaire. La France ne peut plus créer d’argent pour elle-même, mais seulement pour les banques privées, lesquelles prêtent à leur tour cet argent avec intérêts à l’Etat Français. Voilà d’où vient la dette de la France.

Journaliste CCTV : – Vos révélations sont inquiétantes. Les Français auraient un cerveau de cette taille-là ?

Professeur Mehlang Chang : – Oui, j’en parle dans mon livre, une majorité de Français seraient atteints par une pathologie nouvelle qui s’appelle le syndrome du larbin. Un larbin prend systématiquement la défense des classes les plus favorisées, au détriment de celle dont il est issu. En France, il est courant que des individus militent pour supprimer l’impôt sur la fortune alors même qu’ils ne sont pas imposables. Mais ce n’est pas tout. Les fins stratèges qui dirigent ces moutons refusent toute idée de protectionnisme. Il préfèrent importer nos produits bas de gamme que de sauvegarder leurs emplois et leurs industries. Ils sont dogmatiques. Voilà pourquoi la France souffre d’un chômage de masse malgré une main d’œuvre très qualifiée. De plus, leur gouvernement est en train de leur augmenter leur durée de cotisation pour la retraite, ainsi en France, moins il y a de travail, plus on doit travailler.

Journaliste CCTV : – C’est très logique. Vénérable professeur Mehlang Chang, merci de nous avoir si bien résumé le mal profond qui affecte l’hexagone. La situation semble désespérée.

Professeur Mehlang Chang : – Oui, mais n’oublions jamais que c’est dans cette petite région du monde pendant la nuit du 4 août 1789 que fut proclamée l’abolition des privilèges, mais que reste-t-il de cette flamme ?

Droits de l’homme pour les roms

Faudra-t-il ajouter un couplet au poème de Martin Niemöller qui fut déporté dans un camp de concentration ?

Quand ils sont venus chercher les communistes, je me suis tu parce que je ne suis pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les Juifs, je me suis tu parce que je ne suis pas Juif.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je me suis tu parce que je ne suis pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je me suis tu parce que je ne suis pas catholique.

Quand ils sont venus chercher les Roms, je me suis tu parce que je ne suis pas Rom.

Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester.

Malvoyant : comment lire une page web avec le lecteur d’écran NVDA ?

En transformant la page non-vue en page lue par une voix de synthèse. Grâce au lecteur d’écran gratuit NVDA, même les personnes souffrant d’un handicap visuel ont accès aux contenus écrits sur internet.

La France compte près de 1.200.000 personnes souffrant de déficience visuelle, dont 62.000 atteints de cécité totale. Des chiffres appelés à augmenter rapidement les prochaines années, en raison du vieillissement de la population.

Naturellement, différentes solutions informatiques existent pour permettre l’accès autonome d’internet aux mal-voyants et non-voyants. Elles sont de 3 types :

  • logiciels d’agrandissement de caractère

  • plages braille

  • lecteurs d’écran avec synthétiseurs vocaux

Malheureusement, leur prix n’est pas à la portée de tous. Par exemple, le célèbre logiciel JAWS (Job Access With Speech) dont NVDA reprend les mêmes fonctionnalités est vendu pas moins de 1.800 euros.

NVDA, la synthèse vocale gratuite qui révolutionne la lecture d’écran

Désormais, avec le lecteur d’écran NVDA (Non Visual Desktop Access), il existe une alternative sérieuse et totalement gratuite aux logiciels propriétaires. NVDA est un programme Open Source téléchargeable librement, qui intègre également le support des afficheurs de braille. Autre point fort de NVDA, vous pouvez l’utiliser de 2 façons :

  • en version embarquée sur tout ordinateur équipé du système windows

  • en version portable sur une clef USB ou sur un CD, exécutable sur n’importe quel PC

Il ne reste qu’à vous laisser guider sur internet les yeux fermés, en faisant lire les pages de votre choix à votre ordinateur ou en les convertissant en braille.

Installation du lecteur d’écran NVDA sur votre PC

  • Télécharger le logiciel NVDA : vous pouvez choisir la version en français du programme d’installation ou la version avec présentation sonorisée de l’installation pour vous guider.

  • NVDA contient déjà la synthèse vocale Espeak qui lui permet de parler automatiquement. Mais vous pouvez opter pour la synthèse vocale Eloquence qui offre une meilleure qualité sonore.

  • Pourquoi ne pas changer également la voix de faible qualité installée par défaut, par une synthèse vocale gratuite et bien meilleure à la norme SAPI 5: télécharger la voix française de virginie (sans majuscule, c’est un robot!)

Installation du logiciel NVDAKey sur votre clef USB

  • Réservez 200 MO de capacité sur votre clef USB

  • Télécharger le logiciel NVDAKey sur le site NVDA (fichier NVDAKey.exe)

  • Lancez l’installation en indiquant comme destination pour la décompression le répertoire principal de votre clé USB

  • Déconnecter votre clé et rebranchez-la pour faire apparaître la boite de dialogue

  • NVDA vous parle. Vous pouvez également installer la voix de Virginie mentionnée précédemment

Installation du lecteur d’écran NVDA sur un CDR ou un Mini-CDR

  • Téléchargez le fichier nvda-usb-cd.exe (version de NVDA au format Zip)

  • Créez un répertoire temporaire nommé “temp” à la racine de votre disque dur C

  • Exécutez le fichier nvda-usb-cd.exe, en indiquant dans la boîte de dialogue qui s’affiche le chemin du répertoire temporaire où seront décompressés les fichiers d’installation, exemple : c :\temp

  • L’installation crée un sous-répertoire NVDA dans votre répertoire temporaire, exemple : c :\temp\NVDA

  • Utilisez votre logiciel de gravure pour graver le contenu du répertoire temporaire (pas le répertoire c :\temp mais le sous-répertoire NVDA et les fichiers qu’il contient)

  • Une fois la gravure terminée, éjecter votre CD et réinsérez-le dans le lecteur. Une boîte de dialogue apparaît avec le curseur de la souris positionné sur “Démarer NVDA”.

  • Pour installer la voix de virginie, les supports nécessaires SAPI 4 et SAPI 5 se trouvent dans le répertoire SAPI de votre CDR

NVDA permet le pilotage de la lecture à partir de nombreux raccourcis claviers.

Lecteur d’écran NVDA, un pas en avant dans l’accessibilité d’internet aux mal voyants

Les avantages de ce logiciel libre, totalement gratuit, ont convaincu les nombreuses personnes ayant pu découvrir NVDA lors de l’évènement «Libre en fête», organisé en mars 2010 à l’Espace Numérique de la Bibliothèque de la Part-dieu à Lyon.

NVDA n’intéressera pas seulement les mal voyants n’étant pas en mesure de lire le texte que vous avez sous les yeux. Chaque concepteur de site web a tout intérêt à l’utiliser pour tester l’accessibilité de ses sites aux internautes souffrant de handicap visuel.

NVDA offre l’outil indispensable pour vérifier qu’une page web répond aux règles du W3C ainsi qu’à l’article 47 de la loi du 3 février 2005 sur l’accessibilité des sites publics, adoptée par la France pour «l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées».

Autre astuce: grâce au logiciel gratuit de lecture Dspeech, vous pouvez même copier vos textes d’articles préférés de suite101 et enregistrer leur lecture au format mp3, pour ensuite les écouter tranquillement les yeux fermés. Faites-vous une idée du résultat audio en écoutant la lecture de cet article par virginie.

… En attendant de trouver plus de pages, écrits ou dictés par des mal voyants.

Mode féminine, tendances made in Italie

Court-vêtue et haut perchée, telle est la mode de l’été 2010 vue à travers le prisme du Salon de la haute couture italienne, Alta Roma, tenu à Rome en janvier. Eclairage

La haute couture fait rêver tout le monde, mais dans la réalité, bien rares sont celles qui peuvent s’offrir le luxe d’un vêtement unique, signé de la griffe prestigieuse d’un grand créateur. Alors pourquoi accorder tant d’intérêt à l’inaccessible ?

A condition de savoir décrypter ces fameuses tendances qui donnent de l’étoffe aux rêves, chacune peut s’en inspirer intelligemment dans le choix de sa robe de mariée, d’une toilette de soirée ou encore donner une touche de neuf à sa garde-robe d’été. Il suffit de fouiner sur internet…

Un concentré de tendances présenté au Salon de la haute couture de Rome

En ayant le bon goût de réunir à Rome la fine fleur de la haute couture italienne et orientale, Alta Roma 2010 a brillé de toutes les étoiles au firmament de la mode : Balestra, Sarli, Maddalena Letta, Donna Assunta Almirante, Maria Teresa Scaiola, Carla Fracci…

Quelle impression faut-il retenir d’un tel bouquet d’influences en provenance de l’Italie du Nord avec la styliste milanaise Raffaella Curiel, de la Sicile avec Marella Ferrara, de la Sardaigne avec Silvio Betterelli et son directeur artistique Gina Broke, image maker de Madonna, ou encore de l’orient avec le couturier syrien Rami Al Ali, le libanais Abed Mahfouz ?

  • Des talons vertigineux : la crise tend à rendre l’élu de votre coeur trop terre-à-terre ? Rien ne vous empêche de le prendre de haut pour le convaincre de vous demander en mariage. De toute façon, l’homme à horreur de la demi-mesure… Si vous aviez l’impression de défier les lois de la gravité sur des sandales à plateau et talon de 12 cm, vous n’avez encore rien vu ! Désormais les chaussures, mules et sandales seront “very high” avec des talons de 15 cm.

  • Tout sera mini : si l’économie mondiale se porte mal, vous n’y êtes pour rien. Comprendre son homme, c’est prendre un minimum de formes en réduisant les dépenses somptuaires au strict mini ! Finies les longueurs au genou et place au “baby dress”, aux tenues très courtes qui mettent en valeur les jambes. Même le long s’offre en double vision : mini devant et traîne derrière.

  • Epaules complètement dénudées : pour le voir accoster à votre épaule après une nuit d’orage électronique en discothèque ou un coup de foudre magnétique sous la Grande Ourse, prenez soin d’avoir à votre disposition une débauche de tops sans épaulettes et de corsages plissés à la taille qui mettent en évidence décolleté et épaules nues.

  • Fleurs et papillons : vous n’avez pas envie de plaisanter sur l’environnement, mais plutôt de le butiner en vous métamorphosant en bucolique papillon ? Rassurez-vous, ce seront les motifs prédominants dans de nombreuses collections de prêt-à-porter. Grandes fleurs d’étoffe sur les bretelles ou appliquées sur les robes d’organza et papillons peints sur soie.

  • Couleurs pâles et pastel : c’est prouvé, le cerveau de la femme est plus sensible aux variations de couleurs que celui des hommes. Une bonne raison pour inculquer à celui qui vous plaît le sens des nuances ! Cette année, rose, orangé, azur, vert pâle, mais aussi noir ou blanc intégral, sans oublier l’or, l’argent et les paillettes.

  • Transparences : l’avenir paraît de plus en plus trouble ? Qu’à cela ne tienne, les matières se transforment en calques évanescents capables de vous projeter dans le présent, libérer vos formes et estomper les rondeurs de l’hiver. Place aux tulles, voiles et chiffons impalpables avec des robes à l’effet méduse et des minitops brodés aux effets “je vois tout-je ne vois rien”.

  • Bijoux bling-bling : ne pas être femme de président ou de PDG comporte finalement bien des avantages ! Comme celui de porter les bijoux les plus tapageurs et clinquants, créés dans des matières innovantes ou ethniques, semi-précieux et en pierres dures. Personne ne vous reprochera de gaspiller les fonds publics !

Se fier à son goût pour s’approprier les tendances

Qu’importe après tout si la mode s’apparente seulement, pour certaines, au fait de porter des marques et si les marques censées dicter la mode sont un luxe réservé aux plus fortunées : à celles qui ne connaissent la crise que dans les pages des magazines feuilletées distraitement dans leur salon d’esthétique et qui peuvent s’autoriser toutes les crises de nerf devant leur miroir.

Pour toutes les autres, quand le pouvoir d’achat fait grise mine, le vrai luxe est dans l’appropriation des tendances de la saison ! Il peut se parer de simplicité, parfois de contrefaçons, toujours d’audace mais jamais d’hésitation. A condition naturellement de rechercher l’accord ultime entre sa personnalité et l’air du temps et d’être à l’écoute de sa propre inspiration.

femme portant une burka tricolore

Interdiction du voile intégral : cachez cette burqa que je ne saurais voir !

En 2014, la Cour Européenne des Droits de l’Homme validait l’interdiction du voile intégral, burqa ou niqab dans les lieux publics, prononcée 4 ans plus tôt par la France. Retour sur l’histoire de la condamnation d’un vêtement pas tout-à-fait comme les autres. Nous sommes la veille du 14 juillet 2010…

Une loi votée à l’Assemblée nationale dans l’indifférence générale

Comment l’interdiction d’un simple bout de tissu porté, en France, par quelques centaines de femmes sur une population estimée de 4 à 5 millions de musulmans par l’INSEE ou à 15/20 millions par le FN (les statistiques portant sur l’appartenance raciale ou religieuse étant interdites en France depuis Vichy) est-elle sur le point de faire de l’ombre au drapeau français et à notre Constitution, sans qu’apparemment aucune voix ne s’élève dans le pays symbole de la liberté, de l’égalité, de la fraternité… et de la mode ?

On connaissait déjà le délit d’attentat à la pudeur avec lequel flirtent depuis longtemps les mini-jupes racoleuses, les décolletés sur la vallée des anges, les exhibitions de sous-vêtements de marque, les pantalons qui tombent au milieu des fesses…

Va-t-il falloir craindre bientôt le délit d’attentat à la burqa ou au nikab pour les femmes qui revendiqueraient au contraire une pudeur absolue, la dissimulation de leur féminité, le renoncement à la séduction en public, l’affirmation d’appartenance à un homme, une religion ou une coutume ?

Le droit d’afficher sa religion à travers le vêtement serait-il désormais réservé aux bonnes sœurs des congrégations chrétiennes… dans le pays de Rabelais et de la laïcité ?

Interdiction du voile islamique : une idée de réforme de Nicolas Sarkozy

Si l’on en croit les statistiques, 70% de l’électorat serait favorable à une interdiction totale de la burqa. D’où la décision de légiférer sans débat sur l’un des rares sujets capables de fédérer les Français en temps de crise, afin de ne pas attiser les désaccords et les tensions pourtant biens réelles dans l’opinion et dans l’opposition.

  • 22 juin 2009

Nicolas Sarkozy déclare que la burqa “ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République”… “Le problème de la burqa n’est pas un problème religieux, c’est un problème de liberté, de dignité de la femme. Ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement, c’est un signe d’abaissement”, déclare-t-il.

  • mai 2010

Le Parlement vote une résolution qui stigmatise le voile intégral en le déclarant “contraire aux valeurs de la République.

  • 7 juillet 2010

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, déclare que “la dissimulation du visage sous un voile intégral est contraire à l’ordre public social, qu’elle soit contrainte ou volontaire”.

  • 13 juillet 2010

L’Assemblée nationale vote par 335 voix contre 1 (et 247 abstentions) le texte d’interdiction du voile intégral dans tout l’espace public.

  • septembre 2010

Soumission du projet de loi au vote du Sénat.

  • 2011

Passage devant le Conseil constitutionnel – dernier obstacle à la promulgation de la loi -, qui avait pourtant émis des réserves sur une interdiction totale, jugée “sans fondement juridique incontestable”.

Une entrée en vigueur de la loi prévue après les 6 premiers mois d’application

Deuxième pays après la Belgique à choisir la voix de l’interdiction, la France risque pourtant une condamnation de la Cour européenne des droits de l’Homme selon l’hypothèse de certains juristes et de l’ONG Amnesty International, opposée à cette loi qui prévoit :

  • une amende de 150 euros assortie de cours d’éducation civique pour les femmes qui persistent à porter la burqa ;

  • une peine de 1 an de prison et 30 000 euros d’amende pour ceux qui obligent une femme à porter le voile intégral, avec doublement de la peine si la pression est exercée sur une mineure.

Que cache réellement la burqa : ceinture de chasteté ou ceinture explosive ?

Sous prétexte de défendre les droits de la femme, l’interdiction du voile intégral risque d’écorcher (un peu) les droits de l’Homme… Prix à payer à la liberté pour avoir la paix sociale ou passe de toréador pour esquiver une crise des valeurs plus grave, révélatrice du fossé qui se creuse entre la France et ses banlieues ?

Vouloir stigmatiser une poignée de femmes voilées pour détourner les yeux des vrais problèmes sociaux d’une société française qui peine à surmonter racisme et délit de faciès, vouloir faire plaisir à l’électorat du Front national en défendant la condition féminine et les mini-jupes chères à Brigitte Bardot risque de ne représenter, au final, qu’un coup de canon à blanc pour le 14 Juillet !

La mode de la rue, des créateurs de mode et des artistes pourraient s’emparer rapidement du thème de la burqa et récupérer la puissance transgressive du symbole pour remettre dans le domaine public le port du voile, comme elle l’a fait de la croix chrétienne au cou de Madonna, de la révolution avec le portrait de Che Guevara sur les tee-shirts, ou encore de la cause palestinienne avec le keffieh d’Arafat…

Heureusement, dans le pays des Lumières et du Tartuffe de Molière, les batailles de chiffonniers pour des idées finissent toujours par se transformer en histoire de chiffons plus ou moins tendances sur les bancs du marché ou dans les boutiques de mode branchées. Même si la France décide un jour d’interdire la burqa, au nez de la liberté d’expression…