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C’est quoi la différence entre une idée et un concept ?

Demandez à un directeur de création pourquoi il choisit une piste créative plutôt qu’une autre, vous l’entendrez sûrement répondre : "Parce que là, y’a un concept !"

Il n’est pas toujours facile d’expliquer comment repérer un "vrai" concept parmi de simples idées créatives. Zapping :

  • L'éleveur de volailles Loué qui montre un policier en train de flasher un poulet pour vanter ses contrôles...
  • Jean-Claude Vandamme qui fait un grand écart entre deux Renault Trucks, avec ou sans « trucage »...
  • Evian qui vous "babyfie" sur votre smartphone avec votre jeunesse intérieure...
  • Orangina qui réveille la bête qui est en nous pour étancher notre soif...
  • Mac Donald qui communique sans mettre son logo pour démontrer que l’image du Big Mac suffit à évoquer son nom...
  • Vogue qui choisit la top model palestinienne Gigi Hadid pour incarner son nouveau site pendant qu’Israel bombarde Gaza...
  • Burger King qui offre un sandwich en échange du désabonnement de sa page Facebook, quitte à perdre 30 000 fans...
  • Londres qui remplit la City de mégots géants…

Autant de concepts différents qui ont pour origine une idée créative plus ou moins bonne. Essayons d’y voir plus clair :

Pas de concept sans idée

Une idée est une production mentale. Tout le monde a des idées plus ou moins bonnes et séduisantes, parfois géniales. Mais qui a des concepts ? Personne, même les concepteurs-rédacteurs lorsqu’ils imaginent une campagne de communication ou les directeurs artistiques quand ils créent un visuel n’ont de concepts tout faits ! Ils doivent les fabriquer de toute pièce à partir des idées et se servent pour cela du langage. C’est pourquoi le concepteur est aussi rédacteur.

Formation en ligne de concepteur-rédacteur

C'est quoi le concept ?

Un concept de communication est le processus original de mise en situation d’une idée par rapport à une stratégie marketing. Il permet de transcender le positionnement de la marque sous une forme créative qui se décline facilement sur les différents supports de la campagne : affichage, presse, radio, film, web… Il peut être original -c'est-à-dire jamais utilisé avant- par le sens de l’accroche ou de la signature, le style graphique et l’impact de l’image, le ton adopté, le décalage, l'important c'est qu'il soit pertinent et mémorisable. Exemple intéressant : la vidéo de l'agence Ouimarketing.

A quoi reconnaît-on un concept ?

Souvent à double lecture, un concept de communication doit avoir la force de l’évidence pour véhiculer les valeurs de la marque, du produit ou du service. S'il s’inspire des bénéfices à mettre en avant ou des obstacles à surmonter, il doit s'appuyer aussi sur un élément représentatif pertinent, en rapport avec l’actualité, une symbolique, une prise de position, un comportement du marché, des attitudes, un fait de société, une tendance et plus largement sur tout ce qui constitue l’éco-système en mouvement dans lequel une marque évolue.

Un concept de communication met en scène une représentation idéalisée de la marque à travers une idée, un slogan, un univers, une égérie ou un leader d’opinion. Son originalité se reconnait à l’évidence avec laquelle il fait passer le message et à la cohérence avec l'image perçue de la marque par le public.

Le concept n’est pas la création

Le concept donne l’orientation du message mais il ne peut pas être réduit au message. Au contraire, le concept concentre l'ADN de la marque dans un leitmotiv destiné à être diffusé sous différentes formes. Pivot de la campagne, il a pour but de positionner fortement la marque par rapport à ses concurrents, dicter la charte graphique de perception visuelle de son univers et le message en substance à faire passer, la ligne éditoriale à adopter. Sa durée de vie est plus ou moins longue, de quelques mois à... des décennies pour les plus grandes marques mondiales.

A quoi ça sert un concept ?

Si vous voulez que le public retienne votre marque, ne l'ennuyez pas avec une idée mais réveillez-le avec un concept. Car la fonction essentielle d'un concept de communication est de se rappeler à la mémoire du consommateur au moment de son arbitrage entre Pepsi et Coca, Volkswagen et Peugeot, Apple et Samsung, votre marque et les autres... 

Le concept a recours à l'imaginaire et à la mémorisation pour sublimer la plus austère stratégie de communication en conte de fée et le plus audacieux positionnement marketing en prince charmant. Dans son livre sur les techniques de mémorisation "Moonwalking avec Einstein: L'art et la science de se souvenir de tout ", Joshua Foer soutient que "l'idée générale de la plupart des techniques de mémorisation consiste à changer quelque chose d'ennuyeux à faire entrer dans votre mémoire en quelque chose de si coloré, si passionnant, et si différent de tout ce que vous avez vu avant que vous ne pourrez pas l'oublier ". 

Envie de parler de votre concept ? Besoin d'une formation de concepteur-rédacteur ?

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Concepteur-rédacteur : est-ce un métier qui s'apprend ?

Livre n'ayons pas peur d'être gentils

On Kindness : le livre qui faire l’éloge de la gentillesse

Suffit-il d’être inscrit sur les réseaux sociaux pour être social ou encore mieux, sociable ? Etre amis sur Facebook a-t-il changé à ce point notre définition de l’amitié que nous acceptons de la donner à de parfaits inconnus ? A moins que les mots ne veulent plus rien dire…

Rien  de tel qu’un bon livre pour faire le point sur le décalage que nous vivons actuellement, entre un monde dominé par l’éruption des réseaux sociaux et communautés en tous genre, et une société qui nous rend de plus en plus individualiste et de moins en moins sociable. Notre identité serait menacée d’extinction par notre incapacité à faire preuve d’altérité… et de gentillesse ! L’argument est tellement original que je ne résiste pas à l’envie de vous livrer un passage choisi du livre ON KINDNESS paru en 2009, écrit à deux mains par le psychanalyste Adam Phillips et l’historienne Barbara Taylor. Comme il a été publié en italien sur le journal Repubblica, j’en ai fait une adaptation en français.

“ELOGE DE LA GENTILLESSE”

Adam PHILLIPS – Barbara TAYLOR – ON KINDNESS – Edition Ponte alle Grazie, 112 pages – Traduction italienne de Marcello Monaldi

Paru en français en 2010 sous le titre : N’AYONS PAS HONTE D’ETRE GENTILS – Edition Désir Payot – Traduction française Jean-Luc Fidel

Brève histoire d’une valeur en désuétude

Un indicateur de la santé mentale” écrivait Winnicott en 1970, “c’est la capacité d’un individu d’entrer mentalement et de façon attentive dans les pensées, les sentiments, les espérances et les peurs d’une autre personne. Mais aussi de concéder à une autre personne de faire la même chose avec lui-même“.

Vivre bien, c’est s’identifier avec les autres à travers l’imagination

Pour vivre bien, nous devons réussir à nous identifier avec les autres à travers l’imagination et leur permettre de s’identifier à nous. Cela passe par une empathie et une gentillesse réciproques. L’égoïsme implique au contraire un manque d’imagination tellement aigu qu’il représente une menace, non pas tant pour notre bonheur que pour notre santé mentale. Prendre soin des autres, comme soutenait Rousseau, c’est ce qui nous rend pleinement humain. Nous dépendons les uns des autres pas seulement pour notre survie, mais aussi pour la survie de notre être profond et authentique. Le soi, privé de la forme d’attachement de la sympathie, n’est que fiction ou folie.

La dépendance des autres renforce la confiance en soi

La société moderne occidentale fait résistance face à cette vérité fondamentale en plaçant l’indépendance au-dessus de tout. Avoir besoin des autres est perçu comme une faiblesse. La dépendance est concédée seulement aux enfants, aux malades et aux personnes âgées : pour tous les autres, les vertus cardinales sont l’autosuffisance et l’autonomie.

La dépendance est aussi dévaluée dans les rapports intimes, comme si elle était incompatible avec la confiance en soi, quand en fait c’est l’unique chose qui rend la confiance en soi possible. Pour l’amant ou l’époux idéal, donner et prendre de l’amour sont devenus seulement des options parmi lesquelles il est possible de choisir avec une grande désinvolture ; avoir besoin des autres, même dans un scénario de désir et de demande aussi forts que celui du couple, devient quelque chose à bannir.

Peut-on être individualiste et social à la fois ?

Pourtant, nous sommes tous des créatures dépendantes jusqu’à la moelle. Et c’est un fait qui se retrouve depuis toujours dans une grande partie de l’histoire occidentale. Même les stoïques, qui étaient les porte-drapeaux de la confiance en soi-même, admettaient dans l’homme le besoin inné des autres, comme porteurs et destinataires de gentillesse. L’individualisme est un phénomène très récent. L’illuminisme qui est généralement pointé du doigt comme l’origine de l’individualisme occidental, faisait malgré tout la promotion des “affections sociales” contre les “intérêts privés”(…)

La société compétitive demande le sacrifice de notre générosité

Une société compétitive qui divise les personnes en vainqueurs et perdants produit des comportements égoïstes. Les êtres humains sont des créatures ambivalentes. La générosité nous vient spontanément, mais la créativité et l’agressivité aussi. Qui est soumis à une pression incessante se détache des autres. Comme l’enfant qui a subit des actes de violence devient à son tour violent, les individus qui ont été réprimés par l’histoire de leur vie deviennent à leur tour des oppresseurs. Le pacte de sympathie avec les autres qui se fonde sur l’ouverture de notre cœur commence à être en péril. La paranoïa prospère quand les individus cherchent des boucs émissaires de leur malheur. Aller à la recherche de boucs émissaires c’est se duper soi-même, parce que cela comporte le sacrifice de notre générosité. Mais c’est le prix que beaucoup payent quand les obligations de la tribu, qui se manifestent parfois sous forme perverses, prennent la place de liens communautaires plus larges. La culture de la “dureté” et du cynisme se développe, alimentée d’une ample admiration pour ceux qui semblent triompher – les riches, les célèbres, la caste des temps modernes – dans un environnement où mors tua vita mea (ta mort est ma vie).

La famille, ultime refuge de la gentillesse

Néanmoins, certaines formes de la gentillesse semblent survivre. Spécialement dans le rôle des parents qui est aujourd’hui considéré quasiment par tous comme une île de tendresse dans un océan de cruauté. Mais la célébration assidue de la tendresse familiale peut créer beaucoup de confusion. Pour celle ou celui qui a besoin d’être déterminé et entreprenant sur son lieu de travail, il y a le risque qu’il désactive ces types de comportements en privé.

Les femmes divisées entre course au pouvoir et sacrifice de soi

Si le choix est difficile pour les hommes, il l’est encore plus pour les femmes qui se trouvent devant des problèmes encore plus aigus, spécialement pour celles qui après avoir abandonné la vieille idéologie du sacrifice féminin et s’être converties au typique jeu de coudes du monde du travail, se retrouvent ensuite à s’occuper des enfants à temps plein. La ritournelle des commentaires angoissés des néo-mamans que nous lisons dans la presse donne la mesure d’un saut déconcertant. Les femmes ayant grandi dans la culture du “moi d’abord” découvrent à l’improviste les plaisirs mais aussi les souffrances de mettre les autres au premier plan. Cette confusion féminine se reflète dans le reste de la société, vu que les femmes trouvent souvent des emplois dans les “caring professions” (professions à vocation sociale), dans lesquelles, à la différence des managers guidés par l’obsession du budget, elles n’hésitent pas à dispenser de la solidarité en échange de maigres compensations et de rares reconnaissances. Dans le passé, l’association entre les femmes et la gentillesse était source d’un certain prestige, aujourd’hui au contraire, c’est le signe d’une perte de pouvoir. Quand bien même la gentillesse peut déclencher l’admiration, elle reste finalement un comportement réservé aux naïfs.

Références en rédaction de voix off, storytelling, spots radios et audio-livres

... Voici un échantillon de voix off, storytelling, radios et audio-livres écrites en collaboration avec diverses sociétés de production et agences de communication pour les clients suivant : Port de Lyon, Edenred, Sanofi Pasteur, Materne Mont-Blanc, Groupe Seb, Renault Trucks, Allp, Unitron, STAS Transports Urbains Saint-Etienne Métropole, Hyperview Semer...
 
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Conseils pour changer de banque en 10 jours ouvrés

Ce qu’il faut savoir pour dire adieu à votre banquier, sans que votre droit le plus strict de clôturer un compte ne se transforme en parcours du combattant !

Vous trouvez les frais de gestion de votre compte bancaire trop élevés ou encore les valeurs défendues par votre banque pas assez éthiques ? Vous souhaitez bénéficier d’un compte courant qui rémunère votre argent, ou passer à un compte en ligne ? Vous voulez profiter d’un déménagement ou d’un changement d’employeur pour remettre vos comptes bancaires à zéro ?

La clôture d’un compte est gratuite depuis 2005

Autant de bonnes raisons de changer de banque sans avoir à vous justifier. Car, contrairement aux idées reçues, la clôture d’un compte courant bancaire ou d’un livret d’épargne est gratuite depuis 2005 et ne peut donner lieu à aucun frais.

Sous la pression des pouvoirs publics et des associations de défense des consommateurs, la Fédération Bancaire Française qui regroupe toutes les banques opérant en France s’est même engagée en 2009 à proposer un service d’aide afin de faire jouer la concurrence et favoriser la mobilité professionnelle et personnelle. La formalité peut être accomplie à l’aide d’une simple lettre recommandée avec accusé de réception, adressée à votre banque, ou avec le formulaire spécifique fourni à cette intention par chaque banque.

Première démarche à faire : choisir sa nouvelle banque

Même s’il est devenu aujourd’hui plus facile de se séparer de son banquier, les chiffres montrent que l’on ne change pas de banque tous les jours, pour la bonne raison qu’un compte fait l’objet de retraits, de versements et de prélèvements à dates fixes. Chaque année, de 4 à 7% des français seulement osent faire le grand pas d’une banque à l’autre. Par peur de l’inconnu, par habitude, par manque d’information ou de temps ?

Force est de constater qu’en pratique, la clôture d’un compte bancaire peut s’avérer périlleuse si vous ne prenez pas un minimum de précautions. A savoir, la première chose à faire avant de changer de banque, c’est… d’en trouver une autre et de procéder par ordre :

  1. Ouvrir d’abord un compte dans la nouvelle banque de votre choix : c’est impératif.

  2. Annuler tous vos prélèvements automatiques sur le compte que vous souhaitez fermer.

  3. Domicilier tous vos prélèvements dans votre nouvelle banque.

  4. Informer de votre changement de domiciliation bancaire tous les organismes qui vous versent de l’argent ou effectuent des prélèvements.

  5. Vider le compte de la banque que vous voulez quitter et approvisionner le nouveau compte que vous avez ouvert.

  6. Clôturer le compte de votre ancienne banque en envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception.

Simplifiez vos démarches en les confiant à votre nouvelle banque

Désormais, sur simple demande de votre part, votre banque est tenue de vous fournir un service d’aide pour faciliter votre mobilité vers un autre établissement bancaire, même concurrent. Ce service d’aide doit comprendre notamment une documentation détaillée consultable sur son site internet.

De même, votre nouvelle banque s’empresse de prendre en charge toutes les démarches. C’est dans son intérêt. Après avoir demandé votre accord formel pour agir en votre nom, elle effectue les formalités administratives pour que les prélèvements et virements soient faits sur le nouveau compte. Une fois en possession des informations nécessaires, elle dispose de cinq jours ouvrés pour informer vos créanciers et débiteurs de votre demande de changement de domiciliation bancaire.

Cette étape accomplie, il vous reste à demander par écrit à votre ancienne banque de fermer votre compte, ce qu’elle devra exécuter dans les 10 jours ouvrés. Si des chèques sont présentés après cette période sur votre ancien compte, la banque s’engage à vous prévenir gratuitement pendant un an afin de vous permettre de régulariser votre situation.

Les points importants à retenir : penser a clôturer votre ancien compte

  • Attention de bien penser à clôturer votre compte et de ne pas vous contenter de ramener simplement votre solde à zéro. Sans intervention de votre part, votre compte restera ouvert et deviendra vite négatif à cause des “frais de compte inactif” qui pourront vous être facturés pendant 30 ans !

  • Assurez-vous que tous les chèques que vous avez émis ont bien été débités du compte que vous souhaitez clôturer.

  • Vérifiez qu’aucun emprunt ne dépend plus du compte à clôturer.

  • N’attendez pas d’avoir votre compte à découvert pour demander sa clôture, votre banque vous fera des difficultés. Arrangez-vous pour que votre solde soit nul.

  • N’oubliez pas que votre banquier peut aussi décider de clôturer votre compte contre votre gré, si vous lui créez trop d’ennuis…

Changer de banque : une simple formalité à accomplir

En résumé, concernant le transfert des virements réguliers (salaires, pensions, allocations…) et des prélèvements automatiques (loyer, assurances, crédits…) vous n’avez donc pratiquement rien à faire ou presque:

  • Votre nouvelle banque se charge de la demande de changement de domiciliation bancaire à votre place.

  • Votre ancienne banque s’engage sur demande écrite de votre part à fermer le compte sans frais, dans un délai de 10 jours ouvrés.

Quel que soit le type de banque que vous aurez choisi (banque traditionnelle, privée, en ligne ou éthique), le seul effort de votre part consistera à fixer la date du mois qui vous convient le mieux pour effectuer votre démarche et surtout, à décider de faire le premier pas.

A consulter également sur le sujet, le site de conseils de la Fédération Bancaire Française : lesclesdelabanque.com

Infertilité des hommes : 50 % de spermatozoïdes en moins

En 40 ans, le nombre de gamètes mâles produits par les testicules a diminué de moitié, et les risques de stérilité touchent aussi les hommes. Un danger qui rend les Français inégaux devant la baisse de la qualité du sperme comme le souligne un article du Monde.

En France, 10 à 15 % des couples n’arrivent pas à concevoir un enfant et sont obligés de consulter un spécialiste. Un chiffre qui s’élève à 30 % en Italie selon une enquête récente de l’université de la Sapienza à Rome.

Le point qui inquiète tout spécialement les andrologues est la baisse spectaculaire de fertilité enregistrée depuis ces dernières décennies en Occident chez les hommes. Le phénomène s’accompagne de l’augmentation des cas de malformations génitales, de régression des caractères sexuels masculins et la multiplication par quatre du nombre de tumeurs aux testicules.

On parle désormais de syndrome de dysgénésie testiculaire (TDS) pour qualifier l’apparition, au niveau de l’appareil reproducteur masculin, d’au moins deux symptômes parmi les suivants :

  • pénis malformé ou anormalement petit à la naissance (– 10 %) ;

  • testicules non descendus ;

  • diminution du nombre de spermatozoïdes produits (– 50 %) ;

  • augmentation du nombre de spermatozoïdes malformés ;

  • cancer des testicules.

Une diminution des hormones et de la fertilité masculine due à de nombreux facteurs

Les causes exactes de l’accroissement de la stérilité masculine sont encore difficiles à établir clairement, mais différentes pistes émergent :

  • facteurs environnementaux : pesticides, pollution… ;

  • alimentation : conservateurs, matières plastiques… ;

  • modes de vie : diminution de l’exercice physique, tabagisme, alcool, drogues, agents dopants… ;

  • absence ou diagnostic tardif de la pathologie ;

  • maladies sexuellement transmissibles ;

  • stress ;

  • augmentation de l’âge de conception du premier enfant : 30 ans.

Dans le collimateur des épidémiologistes et des chercheurs se trouvent les pesticides, insecticides, herbicides, fongicides, lessives, matières plastiques, additifs alimentaires, colorants, conservateurs… soit plus de 10 000 composés chimiques dont l’action, pour certains d’entre eux, ou leur combinaison dans l’organisme entrave la production et le travail des hormones sexuelles mâles.

L’action nocive démontrée des pesticides et produits phytopharmaceutiques

Dans les années 1970 au Danemark, les cas de stérilité chez les agriculteurs s’avéraient plus nombreux que dans le reste de la population, malgré une vie indubitablement plus saine. Des études menées sur des agriculteurs qui n’utilisaient pas de pesticides ni de produits phytosanitaires, montrèrent que les cas de stérilité étaient inférieurs à la moyenne nationale.

Les analyses qui furent effectuées par la suite décelèrent ces composés chimiques uniquement dans le sang des agriculteurs traditionnels. Il fut démontré que ces molécules, même en concentration minime, interféraient de façon aléatoire et imprévisible avec les hormones qui stimulent la production de spermatozoïdes.

En 1996, les chercheurs américains de l’Environnemental Protection Agency (EPA) dressèrent une longue liste d’agents chimiques introduits par l’homme dans l’environnement et susceptibles d’inhiber le système endocrinien masculin.

Une prise de conscience diverse de la stérilité masculine en France et en Italie

Interrogé sur « l’explosion de l’infertilité dans notre pays » en janvier 2010 à l’Assemblée nationale, le gouvernement français avait répondu à l’époque que « la première cause des problèmes d’infertilité est l’âge tardif du désir de procréation. […] Aux grossesses tardives s’ajoutent la chute, aujourd’hui avérée, de la fertilité masculine et les divers problèmes de stérilité féminine et masculine ».

« […] Plusieurs études récentes ont souligné l’accroissement des problèmes d’infertilité chez les hommes, suggérant un lien avec des facteurs environnementaux et notamment avec l’exposition à certains produits toxiques, le tabac étant le principal de ces facteurs chez l’homme (impuissance, baisse de la fertilité). »

Le gouvernement prévoit de lancer une campagne d’information et de prévention pour sensibiliser les jeunes aux effets néfastes de l’âge sur la fertilité du couple et les dangers d’une grossesse tardive. L’objectif étant « de rappeler aux jeunes couples qu’en matière de procréation “le temps perdu ne se rattrape pas toujours” ».

En Italie, où 28 à 33 % des garçons de 18 ans seraient déjà touchés par le TDS, les autorités ont choisi d’affronter le problème par la détection. Une campagne est actuellement menée pour inciter les jeunes à consulter un andrologue.

Conséquences de l’infertilité masculine sur la population mondiale

Malheureusement, les données épidémiologiques actuelles ne concernent que les pays riches où des études statistiquement représentatives ont été faites. Mais il y a fort à penser que les pays pauvres et en voie de développement sont aussi touchés du fait de l’utilisation intensive de pesticides, plastifiants et toxiques qui comptent parmi les premières causes du TDS.

Blessé dans sa virilité et dans ce qu’il a de plus précieux à transmettre – la vie –, le genre masculin est-il en péril ? En un siècle, la population mondiale a plus que quadruplé. De 1,5 milliards d’habitants en 1900, elle est passée à 6,8 milliards en 2010. Au point qu’il y a cinquante ans, les démographes annonçaient une explosion démographique mondiale de 15 milliards d’êtres humains pour 2050 !

Pourtant, leur calcul a dû être revu à la baisse avec « seulement » 9,1 milliards prévus d’ici quarante ans. Mais la raréfaction des spermatozoïdes des hommes n’y est pour rien. La baisse de la fécondité mondiale est liée avant tout à l’augmentation de l’alphabétisation des femmes…

L’Astrologie : un rite social qui en dit long sur notre époque

Pourquoi confions-nous les questions qui nous taraudent le plus à des constellations improbables et pourquoi la lecture de l’horoscope fait-elle du bien ?

Astrologie : beaucoup ne voient dans ce mot que le A majuscule en forme de chapeau pointu de Nostradamus. En d’autres termes, une pratique fumeuse, exercée par des charlatans et destinée aux faibles d’esprits. Pourtant, tout le monde lorgne un jour par curiosité sur son horoscope et nombreux sont les gens “sérieux” qui n’hésitent pas à approfondir l’étude de leur thème astral.

Pourquoi, en 2014, avons-nous encore recours à un rite aussi irrationnel, méprisé par la science officielle ? Pour satisfaire notre quête de vérité ? Ou tout simplement parce que l’astrologie se situe entre passé mythologique incertain et futur imprévisible et qu’elle a l’art d’en dire plus long sur notre présent ?

En dehors de ses prédictions toutes relatives, les principaux reproches faits à l’astrologie sont le manque de fondement scientifique ainsi que sa propension à toucher les esprits les plus influençables, dépendants, anxieux, conformistes, incultes, narcissiques ou résignés. Ce à quoi ses fervents défenseurs répondent qu’il existe une astrologie sérieuse et une autre non, en faisant référence aux trois lignes laconiques des horoscopes des quotidiens ou des magazines.

Horoscope de journal ou thème astral, un spiritisme de bon sens

La lecture de l’horoscope du jour est soigneusement codée. Elle n’évoque ni fantômes, ni forces mystérieuses agissant à notre insu. Elle nous parle à travers des planètes. Même si les conseils donnés au nom de ces planètes pourraient très bien être délivrés sans elles…

Le format des horoscopes de quotidien s’apparente plutôt à une astrologie en 365 épisodes. Le message général qui domine est souvent du type : “Des problèmes au début, mais à la fin tout s’arrange”. Autrement dit : “suite au prochain épisode, accessoirement pour vérifier si ce qui est advenu entre temps était écrit, mais plus sûrement pour savoir ce que vos planètes vous réservent pour la suite”.

Même s’il prend des formes qui confinent parfois à la stupidité, telles que :” Verseau, ne vous agitez pas précipitamment”, ce qui est demandé à un horoscope ou à un thème astral n’est pas tant le script de notre vie, mais de remplir une fonction socialisante qui se résout par l’invariable question :”De quel signe êtes-vous ?” La mythologie au sens caché, toujours suggéré mais jamais révélé, offre une clef de lecture du quotidien dont la première vertu est de nous faire sentir notre appartenance à la communauté.

Rédacteur de talent ou astrologue de renom, un correspondant fidèle de l’âme humaine

Le succès de l’astrologie réside justement dans sa capacité à nous raconter des histoires sur mesure, à nous tranquilliser en mettant de l’ordre dans les événements de notre vie, à leur attribuer une raison ou un sens pour pouvoir purger les tensions et émotions accumulées, en somme, à trouver notre place dans la relation avec les autres.

Rob Brezsny, l’un des plus célèbres astrologues américains déclarait clairement : “J’écris des lettres d’amour à mes lecteurs”. A l’ère de l’individualisme galopant, de la solitude accablante et du triomphe désenchanté de la raison, l’horoscope de la radio, des pages de journaux ou envoyé dans notre messagerie électronique, semble nous dire invariablement :” Il y a du courrier pour vous tous les jours”.

A travers la géniale médiation des signes zodiacaux, ceux qui écrivent nos horoscopes le savent bien. Ils utilisent le pouvoir de l’écriture pour accomplir un acte d’humanité et d’altérité au sens platonique le plus pur. Au fond, nous ne sommes pas si naïfs pour demander à l’horoscope de prévoir le futur. Il nous suffit d’une mise en perspective exprimée de façon simple et cordiale, à travers une histoire dont nous sommes l’acteur principal.

Quelqu’un, quelque part derrière un ordinateur a pris soin d’écrire le scénario de notre vie et de lui donner un sens. “A la fin, tout ira bien”. Voilà pourquoi on peut lire l’horoscope sans croire à l’astrologie et pourquoi tout le monde peut l’interpréter à sa façon. Elle répond à notre peur de l’avenir, parce que tout simplement, interroger le futur, c’est déjà croire qu’il existe.

Les produits chimiques en cause dans l’infertilité masculine

“Les Français inégaux devant la baisse de la qualité du sperme”, c’est le titre d’un article aujourd’hui sur lemonde.fr. L’occasion de s’intéresser à ces molécules invisibles qui nous entourent, pénètrent nos estomacs et nos poumons. L’augmentation des cas d’infertilité chez l’homme amène les chercheurs à suspecter certains produits chimiques de perturber le système endocrinien.

Depuis l’essor de la pétrochimie à partir de 1945, plus de 100 000 substances synthétiques et dérivées ont été introduites par l’homme dans l’environnement, l’alimentation, les emballages, le logement…

Parmi les produits chimiques indiqués de façon tout à fait réglementaire sur les étiquettes, 10 000 au moins font l’objet d’une attention toute particulière des experts. Les anomalies sexuelles qu’ils sont suspectés provoquer ont déjà été mises en évidence sur la faune sauvage et sur des animaux de laboratoire.

Il reste encore à démontrer qu’ils jouent le même rôle de perturbateurs endocriniens chez l’homme. Mais il faudra du temps. Comme il n’est pas possible d’un point de vue éthique d’administrer ces molécules à des “cobayes” humains pour le prouver, l’unique solution est d’en rechercher systématiquement les traces chez les sujets masculins atteints de syndrome de dysgénésie testiculaire (TDS).

Produits chimiques les plus courants

  • BPA, Bisphenol A et phtalates : agents plastifiants utilisés pour assouplir les biberons, bouteilles et emballages alimentaires. Suite à l’alarme sonnée par la Food and Drug Administration en janvier 2010, la Californie, le Canada, le Danemark, la France et d’autres pays ont interdit le bisphenol A (seulement dans la fabrication des biberons !).

  • 4-hexylresorcinol : colorant chimique rouge pour raviver la couleur des crevettes et des crustacés.

  • Composés organochlorés (DDT), pesticides organophosphates, pesticides dérivés des pyréthrines (lindane ou malathion) : carbammates, ditiocarbammates, organo chlorurates, herbicides du groupe ammonium quaternaire. Ils agissent comme anti-androgènes.

  • Paraben, identifiable sur les étiquettes sous les noms de : methylparaben, ethylparaben, propylparaben, isobutylparaben, butylparaben et benzylparaben. Conservateurs parmi les plus utilisés, présents dans les shampoings, bains moussants, crèmes hydratantes et solaires, déodorants, produits pour l’hygiène des enfants, adoucissants et dentifrices.

  • E320, E321 et E319 (E indique l’autorisation européenne), parfois indiqué par les sigles BHA, BHT et TBHQ : antioxidants et conservateurs dérivés du pétrole et interdits dans de nombreux pays parce qu’ils sont suspectés d’avoir une action cancérogène. On les retrouve dans beaucoup d’aliments comme la purée de pomme de terre instantanée, les céréales, les crèmes à tartiner, les glaces, ainsi que les déodorants, crèmes et produits cosmétiques.

La maison, lieu de tous les dangers

Il y a encore moins d’un siècle, le foyer constituait le sanctuaire de l’homme par excellence. Derrière la porte qui défendait du froid, des intempéries, des brigands et du loup, se concevaient les enfants et se fondait une famille.

Aujourd’hui, les matériaux de constructions utilisés, l’ameublement des habitations ainsi que les fonctions domestiques attribuées aux différentes pièces font de nos maisons des lieux de plus en plus toxiques pour la santé et le patrimoine génétique des générations à venir.

  • séjour : tapis, meubles, divans, couvre-sièges, matériel électroménager peuvent contenir des agents ignifuges bromés (composés ajoutés aux tissus pour empêcher ou retarder leur combustion) : Difenileter Polibromurates (PBDE). Ces substances restent en suspension dans l’air et s’attachent à la poussière.

  • salle de bains : les tubes d’arrivée d’eau en PVC se dégradent avec le temps et s’ajoutent aux autres perturbateurs endocriniens libérés par les rideaux de douche, shampoings, savons, dentifrices, crèmes cosmétiques, déodorants, produits d’entretien, parfums d’ambiance…

  • chambre : les meubles traités avec des colles, solvants, vernis et certains produits pour faire briller les parquets représentent un danger potentiel pour la santé. Les draps et couvertures colorés ou traités avec la lessive peuvent contenir des traces de phtalates et bisphenol A.

  • chambre des enfants : les jouets en PVC ou en caoutchouc contiennent des substances assouplissantes comme les phtalates qui peuvent se libérer quand le plastique est manipulé et sucé par l’enfant. Sans oublier les autres composés chimiques présents dans les tapis, les couvertures colorées et les meubles laqués.

  • cuisine : la nourriture peut contenir des additifs chimiques comme les conservateurs et les colorants. Les aliments et boissons conditionnés en sachets, bouteilles et boites en plastiques contiennent des xénoestrogènes, substances synthétiques qui imitent l’action des oestrogènes. Le Téflon des revêtements anti-adhérents de casseroles (acide perfluorooctanoïque (PFOA) et sulfonate de perfluorooctane (PFOS)) est cancérigène, non biodégradable et se retrouve dans le sang de 90% des utilisateurs. Les hottes de cuisine et les détergents sont également des diffuseurs potentiels d’agents chimiques. Enfin, les fruits et légumes peuvent receler des pesticides organophosphorés.

L’infertilité, le plus grand danger pour l’homme dénaturé

A cette petite liste non exhaustive des produits dangereux, il faudrait ajouter les PCB (biphényles polychlorés ) utilisés jusqu’à la fin des années 1970 dans la fabrication de matériels électriques, échangeurs de chaleur, systèmes hydrauliques…; les composés fluorés comme le fréon, dangereux pour la couche d’ozone; les dioxines… sans oublier les médicaments de l’armoire à pharmacie avec leur cortège de molécules de synthèse.

Depuis le 20ème siècle et le début de l’ère industrielle du pétrole, l’homme est devenu le moins naturel des êtres vivants de la création. Mais pour combien de temps encore ?

Mariage pour tous : l’autre idée de la paternité et de la maternité

Alors que vient d’être votée la loi sur le mariage pour tous, un livre de Claude Lévi-Strauss “Nous sommes tous des cannibales” (Seuil) propose un recueil de 16 essais jamais parus en France. L’occasion de réviser notre définition de la paternité et de la maternité.

Parmi les différents thèmes consacrés à la société contemporaine et publiés entre 1989 et 2000 par le journal Italien Repubblica, le père du structuralisme aborde celui de la parenté en ayant recours a des exemples pris dans d’autres cultures. Ainsi, parmi les peuples du Nil de l’Afrique et du Nigéria, si une femme est stérile, elle est considérée socialement comme un homme. Donc elle peut épouser une autre femme et devenir “père” des enfants que sa moitié génère avec un autre homme.

Si chez nous le juge, le législateur, le moraliste et pour finir, l’homme de la rue, sont désorientés à l’idée d’une parenté virtuelle infinie, l’anthropologue ne l’est en rien. C’est même le seul, affirme Lévi-Strauss, à disposer des instruments pour comprendre vraiment quelque chose. Parce que les cultures étudiées par les ethnologues ont affronté à l’avance ces questions. Et même sans la fécondation assistée, elles ont toujours expérimenté autant de façons diverses d’être parents. Dans ce sens, les autres ont quelque chose à nous apprendre.

Les rôles sociaux sont en continuelles redéfinition et dépassent les simples liens du sang. L’auteur de Tristes Tropiques va même jusqu’à démentir par de nombreux exemples l’idée qu’il existe une forme de famille naturelle. L’adoption de la loi sur le mariage pour tous offre ainsi une nouvelle vision “laïque” élargie de la famille dans notre société, qui n’aurait pas déplu à l’auteur disparu en 2009.

Marcel Duchamp

Interview de Marcel Duchamp : “Je ne crois pas à l’art, plutôt à l’artiste.”

En 1964, le critique d’art du New Yorker Calvin Tomkins eut plusieurs fois l’occasion d’interviewer l’artiste Marcel Duchamp. Restées inédites, ces rencontres avec l’inventeur du Ready-made sont publiées pour la première fois aux Etats-Unis.

En voici des extraits parus en Italien dans le journal Repubblica, que je me suis fait un plaisir de vous retranscrire dans la langue de Molière. Histoire de rendre au génie de Marcel Duchamp ce que le français lui avait donné, la naissance à défaut de reconnaissance…

Des propos qui vont à contre-courant de la conception de l’art et qu’il fait bon de relire à cinquante ans de distance.

C.T : … J’aimerais que vous me parliez de votre vie à New York avant la Grande Guerre. Vous avez dit que la cité avait beaucoup changé depuis.

Marcel Duchamp : La vie a changé partout dans le monde. Prenez les taxes. En 1916 et 1920, les taxes n’existaient pas, ou elles étaient tellement négligeables que les gens n’y pensaient jamais. Aujourd’hui, quand approchent les mois de mars et avril, tous s’agitent et se plaignent de ne pas pouvoir s’acheter ceci ou cela parce qu’ils doivent payer les taxes.

Cette frénésie était inconnue à l’époque. Et même le reste de la vie en général était plus tranquille, au moins dans les rapports entre personnes. Il n’y avait pas la course des souris, cette course forcée au succès qu’on connait maintenant. Le monde entier aujourd’hui a l’obsession de courir au succès.

C.T : Mais, malgré tout ce mercantilisme et cette course au succès, force est de reconnaître que parmi les artistes plus jeunes aujourd’hui, on trouve un grand ferment, beaucoup d’inventivité, d’excitation… (nous sommes en 1964)

Marcel Duchamp : Oui, à l’époque il y avait moins de mouvements qu’aujourd’hui et pas autant d’artistes. Faire le métier d’artiste était réservé à peu, tandis qu’aujourd’hui, un jeune qui n’a pas de prédisposition particulière pour quelque chose te dit : “Peut-être que j’essaie dans l’art.” De mon temps, les jeunes qui ne savaient pas quoi faire essayaient la médecine, ou étudiaient pour devenir avocats. C’était ce qui se faisait.

C.T : Pensez-vous l’idée diffuse que faire de l’art est simple ?

Marcel Duchamp : Non, ce n’est pas plus simple qu’avant de faire de l’art, c’est qu’il y a plus de galeries. Mais aussi beaucoup plus de concurrence.

C.T : Et d’après vous, toute cette nouvelle activité artistique n’est pas un signal positif ?

Marcel Duchamp : Oui, si on le regarde d’un point de vue social. Mais sur le plan esthétique, cela me semble très dommageable. A mon avis, une production aussi abondante ne peut générer que médiocrité. Il n’y a pas le temps de de réaliser des œuvres vraiment belles. C’est ce que j’appelle l’intégration de l’artiste dans la société.

Cela signifie que l’artiste a acquis un statut équivalent à celui de l’avocat, du médecin. Il y a cinquante ans, nous étions des parias. Les parents d’une jeune fille n’auraient jamais consenti à lui faire épouser un artiste.

Marcel Duchamp : “L’artiste a acquis un statut équivalent à celui de l’avocat, du médecin. Il y a cinquante ans, nous étions des parias.”

C.T : Mais cela vous plaisait d’être vu comme un paria ?

Marcel Duchamp : Ah oui, bien sûr, ce n’est pas très commode mais au moins tu as la sensation de réaliser quelque chose de différent et d’inhabituel, qui restera pendant des siècles après ta mort.

C.T : Donc, vous désapprouvez le fait que l’artiste s’intègre dans la société ?

Marcel Duchamp : D’un certain côté, c’est une chose très plaisante parce qu’il y a la possibilité de gagner sa vie avec l’art. Mais c’est délétère du point de vue de la qualité du travail fourni.

Je suis de l’avis que les choses importantes doivent être réalisées avec lenteur. Je ne crois pas à la vitesse et c’est ce qui se produit avec l’intégration. Je ne crois pas à la rapidité, à la vitesse, concepts désormais introduits dans l’art, pour pouvoir le faire vite.” Plus c’est rapide, meilleur c’est” disent-ils.

C.T : Vous avez déclaré que votre œuvre a contribué à créer ce phénomène que vous venez de décrire. La création des ready-made par exemple…

Marcel Duchamp : Mais quand je réalisais des choses comme celles-ci, ce n’était pas avec l’idée d’en produire des milliers. L’objectif était de me soustraire à la capacité d’échange, à la monétisation pour ainsi dire de l’œuvre d’art.

Je n’ai jamais eu l’intention de vendre mes ready-made. C’était un geste pour démontrer qu’il était possible de faire quelque chose, sans l’arrière pensée d’en tirer de l’argent. En fait je ne les ai jamais vendus. Je ne les ai même jamais exposés. Personne ne les a jamais vu jusqu’à il y a une vingtaine d’années.

Quand je les ai exposés à la Galerie Bourgeois en 1916, Bourgeois me fit comme une faveur de les inclure dans l’exposition, comme une chose ironique (de sa part, pas de la mienne).

Si je suis responsable de ce qui arrive aujourd’hui, je le suis jusqu’à un certain point, pas entièrement.

C.T : Que pensez-vous de la conception contemporaine de l’art comme de quelque chose qui n’est pas fixe, qui est autre chose qu’un chef-d’œuvre fixé au mur ?

Marcel Duchamp : La difficulté est de le faire comprendre à celui qui l’achète. Les collectionneurs sont une catégorie très traditionaliste ! En général, ils ne sont pas suffisamment intelligents. Ils ont tendance à sentir les choses, se laissent guider par leurs sensations, ce ne sont pas des intellectuels.

Pour eux, c’est déjà un grand pas en avant de comprendre que ce qu’ils achètent n’est pas fait pour être accroché à un mur ou décorer leur habitation. Ils sont toujours prêts à dire :” Je veux l’acheter surtout pour le montrer à mes amis”, ou “quand ils viendront à mon cocktail, je veux qu’ils voient mon Rauschenberg”.

Ils veulent regarder les couleurs et la combinaison des formes et dire avec désinvolture :” Oh celui-ci je l’adore, il ne te plait pas ? Ah il est merveilleux”. C’est leur vocabulaire. Un vocabulaire merveilleux, non ? (éclat de rire)

Marcel Duchamp : “Les collectionneurs sont une catégorie très traditionaliste ! En général, ils ne sont pas suffisamment intelligents.”

C.T : Serait-ce plus salutaire si le collectionneur recevait ces œuvres d’une façon plus proche de l’esprit avec lequel elles ont été conçues ?

Marcel Duchamp : Au moins il y aurait une possibilité de retourner à une approche spirituelle qui aujourd’hui manque complètement. Ou plutôt, qui est occultée par la valeur monétaire des tableaux.

Ceux-ci peuvent être très spirituels mais le collectionneur finit toujours par dire : “je l’ai payé tant.” Ou trop, ou trop peu, et c’est bien dans les deux cas. Si c’est trop peu, il demande : “J’ai mal fait ?”. Et si c’est trop, il dit “Je suis fier de l’avoir payé si cher”.

C.T : Vous pensez que le mercantilisme soit devenu le caractère dominant dans le monde de l’art aujourd’hui ?

Marcel Duchamp : C’est l’effet de l’intégration. Cela signifie que si un avocat ou un médecin font quelque chose, il sont payés pour cela, et c’est une chose entendue qu’ils doivent être payés pour les services qu’ils rendent. Dans le cas de l’artiste -intégré pour la première fois depuis un siècle parmi eux-, il doit être payé pour ce qu’il fait. C’est normal, automatique. Personne ne se préoccupe plus de raisonner là-dessus ni d’avoir à le justifier.

C.T : Selon vous, que peut faire un jeune artiste pour briser les cages d’aujourd’hui, comme vous avez brisé celles d’hier, avant la Grande Guerre ?

Marcel Duchamp : Le grand artiste de demain devra entrer en clandestinité. Si la chance est avec lui, il sera reconnu comme tel après sa mort, mais il pourrait aussi passer inobservé. Entrer en clandestinité signifie ne pas être tenu d’interagir en termes d’argent avec la société.

Ne pas accepter l’intégration. Aujourd’hui, un artiste peut être un génie, mais si il se laisse contaminer par les flux financiers qui lui tournent autour, son génie fondra jusqu’à disparaître.

En dépit de ce qu’aura dit ou fait l’artiste, il restera de lui quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’il désirait : son œuvre aura été capturé par la société qui se la sera appropriée. L’artiste ne compte pas. La société prend ce qu’elle veut. C’est l’interaction avec le public qui fait le tableau. Sans cela, il disparaîtrait dans un grenier, aucune œuvre d’art n’existerait vraiment.

L’œuvre d’art est toujours basée sur deux pôles : le public et l’auteur, et l’étincelle qui résulte de cette action bipolaire donne vie à quelque chose, comme l’électricité. Il n’y a pas besoin de dire que l’artiste est un grand penseur parce qu’il produit l’œuvre d’art. L’artiste ne produit rien tant que celui qui regarde ne dit : “Tu as fait quelque chose de merveilleux”. C’est celui qui regarde qui a le dernier mot.

Marcel Duchamp : “Le grand artiste de demain devra entrer en clandestinité.”

C.T : En d’autres mots, l’artiste ne devrait pas se considérer un être suprême ?

Marcel Duchamp : Essayez de lui dire ! Un artiste me répondrait : “Tu es fou ! Je le sais ce que je suis en train de faire”. Ils ont un ego démesuré. Nauséabond.

C.T : Mais c’est une attitude qui est en train de changer, non ? Les artistes pop-art semblent se prendre moins au sérieux que les expressionnistes abstraits.

Marcel Duchamp : Oui, c’est une sorte d’humorisme et ce n’est pas un mal. C’est peut-être même le présage d’une époque dans laquelle l’humour entrera dans l’art, dans laquelle les gens ne seront plus aussi sérieux et l’argent aussi important. Et il y aura du temps libre à disposition. Il faudrait trouver un système grâce auquel tous ont assez d’argent, sans devoir travailler pour le gagner.

C.T : Vous n’avez jamais cherché à discuter de ces théories avec un autre artiste ?

Marcel Duchamp : En général, je n’aime pas discuter. Avec les artistes, on ne discute pas, tu dis des paroles et eux disent des paroles, il n’y a pas la moindre concession. Zéro absolu. Magnifique des deux côté, un tas de paroles neuves, un langage poli, mais aucun échange réel et aucune compréhension des idées de l’autre.

C.T : Si on revient au discours mercantiliste, quelle est l’importance du rôle du marchand d’art dans la vie des artistes ?

Marcel Duchamp : Ils ont lancé tellement de jeunes. Mais il y a aussi des poux qui vivent sur les épaules de l’artiste. Même les collectionneurs sont des parasites. Ils me plaisent beaucoup, ce sont des personnes sympathiques, mais cela n’a rien à voir avec leur caractéristique de fond d’être des parasites de l’artiste. Ils sont une forme de parasitisme très particulier qui, au lieu d’être un obstacle, valorise.

C.T : Vous avez déclaré que nous sommes au point le plus bas dans l’histoire de l’art.

Marcel Duchamp : En réalité, il n’y a pas un point plus bas et un point plus haut, mais j’ai peur que de notre cher siècle, dans cinq cent ans, on ne se rappellera pas grand chose. Par rapport au dix-huitième siècle, il aurait la même valeur que le dix-septième, avec ses formes artistiques jugées frivoles, légères, plus ou moins décoratives. De plus, l’art du dix-neuvième est réalisé de façon à ne pas durer. Les matériaux employé pour produire l’art sont extrêmement périssables. Les artistes utilisaient des pigments pauvres. Je l’ai fait moi-même. Le résultat, c’est que bientôt, beaucoup de ces œuvres disparaîtront. Les tableaux s’émiettent continuellement, ils sont réparés et restaurés en permanence. Et même les restaurateurs les détruisent en partie parce qu’ils les restaurent trop. Quand une croute de peinture se détachent, il faut recoller le morceau et cela comporte une autre retouche. Tout cela a un nom : art rapide, art pour l’instant présent, qui se moque du futur ou du passé. Je retiens que cela a été la caractéristique de tout le siècle, des fauvistes aux suivants. Il fallait faire un tableau en un après-midi. Autrement tu es stupide. Ou mieux, tu es jugé sans importance. Mais c’est une chose que je ne peux pas admettre. Quand je fais une chose, je ne la fais pas en cinq minutes ou en cinq heures, mais en cinq ans. Je pense que la lenteur de l’exécution possède quelque chose qui rend plus probable de produire une œuvre durable dans son expression, une œuvre qui à distance de cinq siècles sera considérée encore importante.

C.T : Pouvez-vous mieux développer le concept “sortir de la tradition” ?

Marcel Duchamp : Cela devrait être l’attitude adoptée par celui qui veut trouver quelque chose de propre. Pour faire quelque chose de personnel, vous devez oublier ce que vous avez appris. C’est quand vous commencez à oublier que vous trouvez quelque chose… d’autre. Certes, Peut-être vous essayez sans jamais réussir. Vous croyez faire quelque chose de totalement personnel et un an après, vous le regardez et vous voyez les racines d’où proviennent inconsciemment votre art. Le Nu qui descend l’escalier n’était pas quelque chose de nouveau pour moi au moment où je le faisais. Je ne le savais pas. Seulement après, devant la réaction des autres, j’ai découvert que c’était quelque chose de nouveau.

C.T : On a beaucoup écrit sur le ready-made, forme de protestation contre l’art vu comme une marchandise. Vous préférez considérer l’art comme une forme de magie ?

Marcel Duchamp : Plus j’avance, plus il me semble que ce soit impossible. Il y a ce dilemme, comme vous avez souligné, lié au fait que celui qui regarde est aussi important que l’artiste. J’attribue au public quasiment plus d’importance qu’à l’artiste, parce que non seulement il regarde, mais parce qu’il émet aussi un avis. Je pense que c’est le moyen pour introduire dans la société le jeu sans importance de l’art. C’est comme un jeu entre le spectateur et l’artiste. Comme la roulette ou une drogue. Donc l’aspect magique de l’art est quelque chose auquel je ne crois plus, je crains d’être un agnostique de l’art. Je ne crois pas dans l’art avec toutes ses fioritures, la mystique, la révérence etc. En tant que drogue, il est très utile pour énormément de gens. C’est un sédatif qui provoque la dépendance.

Marcel Duchamp : “En tant que drogue, l’art est très utile pour énormément de gens. C’est un sédatif qui provoque la dépendance.”

C.T : C’est une drogue aussi pour l’artiste ?

Marcel Duchamp : Oui, mais d’une autre façon. C’est un aspect psychologique, le fait de se mettre sur un piédestal. L’artiste fait tout son possible pour penser qu’il entrera faire partie des collections du Louvre ou du Metropolitan Museum. En utilisant l’art comme une échelle. C’est un autre chapitre de la vie, le chapitre de l’ambition. Mais cela se trouve de partout.

C.T : Votre définition de l’art par certains côtés se rapproche de celle de Matisse, l’art comme fauteuil commode ?

Marcel Duchamp : Certainement, cela présente divers avantages. Mais en même temps, il n’y a pas besoin de lui donner cette reconnaissance d’être une espèce de religion. Dieu est beaucoup mieux (il rit). Tout ce qui est systématisé met peut de temps à devenir stérile. Rien ne possède une valeur éternelle. Cela dépend comment l’accueille la société. La pauvre Joconde désormais est finie, pour autant que son sourire soit merveilleux, elle a tellement été regardée qu’il a disparu. Je suis convaincu que quand un million de personnes regarde un tableau, par le seul fait de le regarder ils le modifient. Dans le sens concret. Vous comprenez ce que je veux dire ? Ils modifient l’image physique sans s’en rendre compte. Il y a une action, transcendantale naturellement, qui détruit de manière absolu tout ce que vous auriez pu voir quand elle était encore vivante. Le public est partie intégrante de la réalisation du tableau, mais il exerce aussi une influence diabolique, simplement par le fait de le regarder. La même chose est arrivée avec mon Nu descendant l’escalier. De tableau scandaleux, il est devenu une peinture ennuyeuse, parce qu’il a été trop regardé. Ah, encore le Nu (il rit).

C.T : En décidant de repousser les limite des lois de la physique et de la chimie, vous cherchez à adopter un point de vue ironique ?

Marcel Duchamp : Oui, avec l’idée que cela serait plus qu’un jeu, quelque chose pour lequel il vaille plus la peine de vivre : réussir à repousser les limites de ces lois, les rendre plus élastiques…

C.T : Pourquoi la vie serait-elle plus intéressante ainsi ?

Marcel Duchamp : Il y aurait plus d’imagination, plus de liberté d’action, plus de manque de sérieux, plus de jeu, plus d’espace pour respirer au lieu de travailler. Pourquoi l’homme devrait-il travailler pour vivre , Le pauvre a été mis sur la terre sans son consentement. Il est obligé d’être ici. Le suicide est une chose difficile à réaliser. La vie c’est les travaux forcés. C’est notre destin, nous devons travailler pour respirer. Je ne comprends pas pourquoi c’est aussi admirable. Je conçois parfaitement une société dans laquelle il y ait une place pour les fainéants. J’avais même pensé fonder une maison pour les fainéants, l’Hospice des paresseux. Si tu es fainéant et que les gens acceptent que tu ne fasses rien, tu as le droit de manger, de boire, d’avoir un abri. Une maison dans laquelle tout cela gratuitement. A condition de ne pas travailler. Si tu commences à travailler, tu es chassé.

C.T : Votre vie est remplie par l’art, mais il semble que vous ne croyez pas tant à l’art ?

Marcel Duchamp : Je ne crois pas à l’art. Je crois à l’artiste.

Texte librement traduit de l’italien au français, à partir d’une traduction de l’anglais en italien de Fabio Galimberti. Photographie empruntée sur le site ArtPlastoc

Quand le Land Art se prend un râteau…

Les œuvres de l’homme sont éphémères et destinées à s’effacer au bout de quelques heures ou de quelques siècles. Celles de l’artiste de plage anglais Tony Plant en sont la parfaite illustration.

Quand il part exécuter ses cercles parfaitement concentriques sur le sable, le Land Art se prend un râteau à chaque marée ! A peine le temps de tracer ses immenses figures à marée basse et de les photographier que déjà elles disparaissent comme des ronds dans l’eau quand la mer recouvre la plage. Toutes les si heures, les vagues se chargent d’effacer son travail.

Les étranges spirales galactiques de Tony Plant durent seulement le temps de faire résonner la part de cosmos qui est en nous. Après tout, être condamné à rouler éternellement une pierre en haut d’une montagne ou à ratisser des grains de sable sur une plage, c’est un peu la même chose. “Il faut imaginer Sisyphe heureux” écrivait Albert Camus. Superbe et so Zen !

Voir la page Facebook de l’artiste Tony Plant