Accessibilité : comment lire une page web quand on est mal voyant ou non-voyant ?

Comment rendre accessible une page web aux mal-voyants et non voyants ? En installant tout simplement le logiciel de lecture d’écran libre et Open Source NVDA sur votre PC. Il permet de transformer la page non-vue en page lue afin que même les personnes souffrant d’un handicap visuel puissent avoir accès au contenu.

La France compte près de 1.200.000 personnes souffrant de déficience visuelle, dont 62.000 atteints de cécité totale. Des chiffres appelés à augmenter rapidement les prochaines années, en raison du vieillissement de la population.

Naturellement, différentes solutions informatiques existent pour permettre l’accès autonome d’internet aux mal-voyants et non-voyants. Elles sont de 3 types :

  • logiciels d’agrandissement de caractère

  • plages braille

  • lecteurs d’écran avec synthétiseurs vocaux

Malheureusement, leur prix n’est pas à la portée de tous. Par exemple, le célèbre logiciel JAWS (Job Access With Speech) dont NVDA reprend les mêmes fonctionnalités est vendu pas moins de 1.800 euros.

NVDA, la synthèse vocale gratuite qui révolutionne la lecture d’écran

Désormais, avec le lecteur d’écran NVDA (Non Visual Desktop Access), il existe une alternative sérieuse et totalement gratuite aux logiciels propriétaires. NVDA est un programme Open Source téléchargeable librement, qui intègre également le support des afficheurs de braille. Autre point fort de NVDA, vous pouvez l’utiliser de 2 façons :

  • en version embarquée sur tout ordinateur équipé du système windows

  • en version portable sur une clef USB ou sur un CD, exécutable sur n’importe quel PC

Il ne reste qu’à vous laisser guider sur internet les yeux fermés, en faisant lire les pages de votre choix à votre ordinateur ou en les convertissant en braille.

Installation de NVDA sur votre PC

  • Télécharger le logiciel NVDA: Vous pouvez choisir la version en français du programme d’installation ou la version avec présentation sonorisée de l’installation pour vous guider.

  • NVDA contient déjà la synthèse vocale Espeak qui lui permet de parler automatiquement. Mais vous pouvez opter pour la synthèse vocale Eloquence qui offre une meilleure qualité sonore.

  • Pourquoi ne pas changer également la voix de faible qualité installée par défaut, par une synthèse vocale gratuite et bien meilleure à la norme SAPI 5: télécharger la voix française de virginie (sans majuscule, c’est un robot!)

Installation NVDAKey sur votre clef USB

  • Réservez 200 MO de capacité sur votre clef USB

  • Télécharger le logiciel NVDAKey sur le site NVDA

  • Lancez l’installation en indiquant comme destination pour la décompression le répertoire principal de votre clé USB

  • Déconnecter votre clé et rebranchez-la pour faire apparaître la boite de dialogue

  • NVDA vous parle. Vous pouvez également installer la voix de Virginie mentionnée précédemment

Installation de NVDA sur un CDR ou un Mini-CDR

  • Téléchargez le fichier nvda-usb-cd.exe (version de NVDA au format Zip)

  • Créez un répertoire temporaire nommé “temp” à la racine de votre disque dur C

  • Exécutez le fichier nvda-usb-cd.exe, en indiquant dans la boîte de dialogue qui s’affiche le chemin du répertoire temporaire où seront décompressés les fichiers d’installation, exemple : c :\temp

  • L’installation crée un sous-répertoire NVDA dans votre répertoire temporaire, exemple : c :\temp\NVDA

  • Utilisez votre logiciel de gravure pour graver le contenu du répertoire temporaire (pas le répertoire c :\temp mais le sous-répertoire NVDA et les fichiers qu’il contient)

  • Une fois la gravure terminée, éjecter votre CD et réinsérez-le dans le lecteur. Une boîte de dialogue apparaît avec le curseur de la souris positionné sur “Démarer NVDA”.

  • Pour installer la voix de virginie, les supports nécessaires SAPI 4 et SAPI 5 se trouvent dans le répertoire SAPI de votre CDR

NVDA permet le pilotage de la lecture à partir de nombreux raccourcis claviers.

NVDA, un pas en avant dans l’accessibilité d’internet aux malvoyants

Les avantages de ce logiciel libre, totalement gratuit, ont convaincu les nombreuses personnes ayant pu découvrir NVDA lors de l’évènement «Libre en fête», organisé en mars 2010 à l’Espace Numérique de la Bibliothèque de la Part-dieu à Lyon.

NVDA n’intéressera pas seulement les mal voyants n’étant pas en mesure de lire le texte que vous avez sous les yeux. Chaque concepteur de site web a tout intérêt à l’utiliser pour tester l’accessibilité de ses sites aux internautes souffrant de handicap visuel.

NVDA offre l’outil indispensable pour vérifier qu’une page web répond aux règles du W3C ainsi qu’à l’article 47 de la loi du 3 février 2005 sur l’accessibilité des sites publics, adoptée par la France pour «l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées».

Autre astuce : grâce au logiciel gratuit de lecture Dspeech, vous pouvez même copier vos textes d’articles préférés et enregistrer leur lecture au format mp3, pour ensuite les écouter tranquillement les yeux fermés. Faites-vous une idée du résultat audio en écoutant la lecture de cet article par la voix de synthèse de “virginie”, enregistrée au format mp3 avec le logiciel également gratuit Dspeech.

Mannequin défilant avec une burqa

La burqa inspire le styliste de mode Erkan Çoruh

Très lié à la tradition mais porté sur la modernité, tel apparaît le prêt-à-porter de luxe en Turquie. Sous les doigts de son jeune créateur le plus en vue, la burqa devient terriblement tendance…

Il a 34 ans et vit sur le détroit du Bosphore à Istanbul. Erkan Çoruh est le vainqueur de l’ultime édition de Who’s on next, concours de jeunes stylistes de mode organisé par Alta Roma et le magazine Vogue Italia.

Primé meilleur styliste de l’année 2010, il s’est fait remarquer par son goût de l’éclectisme et de la contamination en mêlant les classiques de la haute couture avec des éléments radicaux de sa propre culture. Il se plait notamment à revisiter la burqa ou le turban pour les transformer de façon surprenante en t-shirt ou ornement de tailleurs.

La burqa récupérée par un créateur de mode

Alors qu’un vent d’interdiction du voile intégral souffle en Occident, n’allez pas chercher dans les dernières créations vestimentaires d’Erkan un quelconque goût pour la provocation gratuite. L’habit ne fait pas le moine, la burqa ne fait pas non plus l’intégriste, encore moins la femme victime ! Il faut y voir seulement, selon le créateur, une façon d’unir la haute couture et la tradition musulmane sous un voile d’ironie.

Sa dernière collection qui sera lancée officiellement en septembre 2010 à Milan s’intitule Radical Beauty, en hommage à la plasticienne iranienne Shirin Neshat pour son long métrage « Femmes sans hommes ». Un film où les femmes musulmanes ne sont jamais représentées comme des « victimes », cliché occidental, mais comme des femmes « fortes, dignes, courageuses et mobiles … qu’aucune contrainte ne réussit à intimider ou à réduire au silence ».

L’art de conjuguer éthique et étiquette

L’approche d’Erkan n’aurait pas déplu à Roland Barthes qui déclarait à propos de la mode :

“ C’est une combinatoire, qui a une réserve finie d’éléments et des règles de transformation. L’ensemble des traits de mode est puisé chaque année dans un ensemble de traits qui a ses contraintes et ses règles, comme la grammaire. Ce sont des règles purement formelles. Par exemple, il y a des associations d’éléments de vêtements qui sont permises, d’autres qui sont interdites. »

Il poursuivait : « D’autre part il y a une autre vision de la mode qui consiste à renoncer à ce système d’équivalence et à édifier une fonction proprement abstraite ou poétique. C’est une mode oisive, luxueuse, mais qui a le mérite de se déclarer comme une forme pure…Un exercice métaphysique sur le thème mallarméen du rien, du bibelot, de l’inanité. C’est un vide qui n’est pas absurde, un vide qui est construit comme un sens.”

C’est bien à cette autre vision de la mode que font référence les robes de Erkan Çoruh. Parce qu’elles tissent du sens, juste sur le fil de l’Europe, à la frontière exacte de l’Orient et de l’Occident.

Sculpture : osez osez Josepha !

Ses femmes de bronze ou de résine font le tour du monde en bas résilles, toujours prêtes à éveiller le désir dans leurs tenues coquines aux couleurs vives et délirantes.

Chez Josepha, tout a de quoi surprendre, à commencer par son parcours de sculptrice qui n’a rien d’académique puisqu’il débute par des défilés de mode. Sa rencontre avec l’homme qui partage aujourd’hui sa vie, sculpteur lui-même et professeur d’art plastique, sera décisive.

Alors qu’elle s’est taillée une renommée mondiale dans le prêt-à-porter dont d’autres se seraient contentés, cette styliste de talent décide en 1992 d’abandonner manteaux et chapeaux… pour habiller de dentelles, corsets et guêpières ses sculptures de bronze et de résine !

Très vite, son style s’épanouit et le succès est au rendez-vous. Ainsi commence une trajectoire artistique originale qui la porte aujourd’hui à exposer son travail aussi bien à Paris et dans de nombreuses galeries de province, qu’à New York, San Francisco, Singapour et même en Chine.

Un trait d’union original entre la mode et l’art contemporain

Auteur d’une œuvre unique axée sur le thème de la femme, Josepha dévoile une facette inattendue de l’art contemporain par son côté tour à tour ludique et émouvant, d’une accessibilité immédiate et échappant avec malice à toutes les étiquettes.

Ses sculptures défient l’équilibre et semblent flotter dans un rêve, richement teintées d’humour et de légèreté. Soigneusement déshabillées, elles s’offrent sans vulgarité à l’œil le plus expert comme le moins averti, dans une métamorphose colorée et une reconstruction permanentes.

Se jouant des règles de l’art classique comme des interrogations de l’art contemporain, les femmes-sujets de Josepha ont l’art d’échapper à toute arrière-pensée et à toute intellectualisation.

De leur présence jaillit une vivifiante sensation de fraîcheur et d’allégresse. C’est peut-être qu’entre la vie qui émane de ces sculptures et la vie de Josepha, il n’y a pas la barrière de l’art avec un grand A. Mais plutôt un regard amusé, touché ou séduit, jamais amer ni choqué.

Le côté éphémère de l’éternel féminin

Fines égéries de bronze, mystérieuses chrysalides, ou mutines femmes de résine, elles vous vont droit au cœur, car c’est là que réside leur étrange pouvoir. Avec Josepha, rien n’est jamais figé d’avance. Le bronze se plie au mouvement, la ciselure se fait dentelle, la patine, chair… Sous les doigts de l’artiste, le secret de la féminité nous renvoie au mystère de la création.

Pour Josepha, qui fut styliste de mode et façonna le cuir et la fourrure, avant de s’adonner corps et âme à la peinture et à la sculpture, le plaisir de créer et de donner du plaisir sont essentiels.

Sa quête de la beauté, des proportions, de l’équilibre ou du mouvement ne sont jamais la finalité recherchée. Elles représentent seulement, au même titre que la terre, le polyester ou le bronze, ses outils et ses matériaux de prédilection pour faire transparaître ce qui ne peut être dit ni montré, mais uniquement transmis : la vie.

Entrez dans les confidences de Josepha

Si vous demandez à Josepha de vous expliquer sa conception de l’art, vous serez quelque peu surpris de l’entendre vous répondre :

– “Je ne sais pas faire… Je n’ai rien à apprendre aux autres, j’ai tout à apprendre moi-même !”

– “Je fais tout à l’envers ! Je ne commence pas par un dessin, je vais directement au volume. La femme, je la connais de l’intérieur. Je n’ai pas besoin de modèle, sinon, ce ne serait pas authentique mais de la reproduction”.

– “Je ne suis pas polluée par la réflexion. Je m’inspire plutôt d’un mouvement car je n’aime pas la maladresse. Il ne doit pas y avoir d’angles morts, moches à regarder. Une face amène l’autre, c’est un mouvement, un tourbillon.”

– “Ou vous ressentez de l’émotion, ou vous êtes insensible. Je suis surprise de voir que les gens qui aiment mon travail sont souvent émus jusqu’aux larmes. Ils me remercient de leur donner du plaisir.”

Josepha, une femme-sujet à toutes les passions de la vie

Discrète par nature, mais toujours audacieuse dans sa façon de revisiter les thèmes de l’enfance, l’intimité, la séduction ou la maternité, Josepha poursuit son travail dans la campagne Drômoise. Travailleuse inlassable, prolifique et exigeante, elle tient à diriger ses propres fonderies.

La recette de son succès : elle ose être une artiste contemporaine “pop” au vrai sens du terme, en étant populaire et positive. Et signe de leur popularité, ses résines et ses bronzes s’arrachent à prix d’or. Il est même arrivé de trouver de grossières copies en vente sur ebay…

Plus accessible qu’une résine numérotée de l’artiste, les fans de Josepha peuvent se procurer la luxueuse édition présentant toutes les facettes de son œuvre. Un livre d’art précieux pour lequel l’artiste m’a demandé d’écrire les textes, conçu comme le livre-objet d’une femme-sujet à toutes les passions de la vie, un prolongement graphique de son travail de recherche sur le volume. Les galeries exposant ses sculptures sont à découvrir sur le site de Josepha.

Attention, fragiles : les hommes en mal d’identité masculine

La société se féminise au point de mettre les hommes en crise. Accrochés à l’ultime bastion du pouvoir, les mâles perdent peu à peu de leur toute-puissance.

Allo, maman bobo ! C’est désormais un fait acquis : les hommes sont fragiles. Et ils n’ont pas attendu la publicité d’Eric Cantona dans le spot Renault Laguna pour l’avouer.

Les femmes ne sont pas innocentes dans ce qui leur arrive, bien au contraire. Le féminisme a ouvert une brèche importante dans la citadelle fortifiée des valeurs masculines traditionnelles : force, pouvoir, courage, audace, paternalisme, raison, responsabilité, protection… Leur toute-puissance est remise en question.

… Et la société de consommation s’est engouffrée dans l’imaginaire collectif pour imposer son lot de valeurs féminines beaucoup plus vendeuses : douceur, fragilité, sensibilité, intuition, beauté, légèreté, séduction, sécurité, praticité…

La fin de l’hégémonie du modèle masculin dans la société

Depuis quarante ans, les hommes ont bien du mal à s’adapter à une révolution sociale qui bouleverse un code de valeurs établi depuis des siècles. Les femmes sont présentes désormais dans tous les secteurs de la société jadis réservés aux mâles : management, armée, police, pompiers, transports, politique… L’arme et la voiture ne sont plus les symboles de la gent masculine dès lors qu’ils sont aussi entre les mains du sexe “faible”. Déjà au lycée, plus d’un baccalauréat sur deux est décroché par une fille.

Ce n’est plus seulement l’homme qui porte le pantalon dans le couple et travaille pour subvenir aux besoins de la famille. La notion même de noyau familial a éclaté pour faire place aux foyers monoparentaux et aux familles recomposées, où l’homme n’est qu’un élément rapporté qui peut vivre avec une femme et les enfants de cette femme, alors que ses propres enfants sont confiés à la garde de son ex-épouse…

Le développement d’un sentiment de confusion et d’impuissance chez les hommes

Les hommes se sentent de plus en plus incompétents dans tous les domaines, prisonniers de modèles et de comportements contradictoires. Le partage des rôles dans l’éducation des enfants et les tâches ménagères, la communication émotive avec le partenaire, réclament de leur part une évaluation moins quantitative de leur virilité, jugée jusque-là sur l’épaisseur des muscles, la taille du pénis et la durée des prestations sexuelles !

Pas étonnant si, face aux situations de crise dans le couple, ils répondent de plus en plus par l’indécision, la demande de protection, la fuite, l’évitement ou l’agressivité. Le sentiment confusionnel masculin entre en conflit avec le désir féminin lui-même souvent contradictoire, tant il est difficile de savoir ce qui rassure une femme chez un homme et vice-versa :

  • Les femmes veulent la domination des hommes, mais pas leur reddition.

  • Les hommes sont devenus passifs et les femmes actives.

  • Les femmes s’opposent aux hommes en permanence, mais n’acceptent pas leur soumission.

  • Les hommes montrent les muscles, mais ne mordent pas.

  • Les femmes veulent faire l’amour, mais “défaire” le sexe.

  • Les hommes donnent la vie, mais ne la reçoivent pas.

  • Les femmes entretiennent une confusion entre sexe et amour, sexe et projet.

  • Les hommes ne savent pas élever les enfants, et de moins en moins savent les faire.

Le macho, une espèce condamnée à évoluer ou à disparaître

Jusqu’à la fertilité de l’homme qui est aujourd’hui sérieusement menacée ! En quarante ans, des études montrent que le nombre de ses spermatozoïdes a diminué de 50 %, la longueur de son sexe a chuté de 10 % et le taux d’infertilité des couples a fait un bond en avant de 15 à 20 %.

Les centres de fécondation artificielle, les banques du sperme, les dons d’ovocytes et les mères porteuses sont apparus pour pallier sa fonction de reproduction défaillante. Mais est-ce la remise en question de sa virilité ou de ses valeurs qui le taraude au point de le rendre stérile ? “En temps de paix, le guerrier entre en guerre avec lui-même”, écrivait Nietzsche… En vérité, les hommes sont désorientés par les différents rôles qu’ils sont amenés à jouer simultanément : enfant, mari, père, amant, ex…

Longtemps astreintes aux secondes places, les femmes, elles, sont passées maîtresses depuis des lustres dans l’art de mener de front une vie familiale, professionnelle et sentimentale, ainsi que dans l’exercice des contre-pouvoirs. Si elles n’occupent qu’un quart des carrières scientifiques, on les retrouve dans plus de deux tiers des fonctions sociales. Et ce sont elles qui, dans plus de 70 % des cas, se voient confier la garde des enfants en cas de séparation du couple.

Par-delà la différence biologique entre les deux sexes, il reste à organiser une nouvelle parité et une gestion du pouvoir réciproque qui se heurte encore au monopole des postes-clés par les hommes : en 2008-2009, les femmes admises à l’ENA n’étaient que 38,7 % alors qu’elles représentaient 55,9 % des étudiants. Mais ce n’est que partie remise. L’épilation, les crèmes de beauté et la chirurgie esthétique ne font-elles pas partie désormais de la panoplie de l’homme moderne ?

Magui, l’ordinateur qui simplifie le lien intergénérationnel

Vainqueur du Concours Lépine 2008, l’ordinateur simplifié Magui offre une solution efficace pour garder le contact avec les personnes âgées.

L’allongement de la durée de vie et le vieillissement de la population s’accompagnent d’une dépendance croissante des séniors et, en dernier lieu, de leur placement en maison de retraite. L’éloignement de leur famille, le manque de temps ou d’initiative de ces derniers rendent leur besoin de communiquer d’autant plus vital.

D’où l’idée de mettre à profit l’informatique pour abaisser les barrières géographiques et combler le fossé qui se creuse entre les générations. Mais si l’usage de l’ordinateur se banalise à vitesse grand V dans les foyers français, il constituait encore il y a peu une solution trop complexe à utiliser par les personnes du grand âge.

Il n’en est plus de même depuis l’invention de Magui, l’ordinateur simplifié récompensé par le Prix du ministère de la Santé et le premier Prix du président de la République au Concours Lépine 2008. C’est à la société française Simplistay, installée à Nîmes et conceptrice de dispositifs intuitifs spécialement pensés pour s’adapter aux besoins des personnes âgées, que l’on doit cette avancée majeure sur le plan social.

Une innovation réalisée en collaboration avec des professionnels de santé

Destiné aux maisons de retraite et résidences qui souhaitent améliorer leur qualité d’accueil et de prestations, Magui offre un nouveau support d’animation ludique et motivant pour sortir les personnes de leur isolement. Il est conçu pour s’adapter parfaitement à leurs difficultés physiques, mentales et sensorielles en offrant une utilisation des plus intuitives.

Comment se présente Magui ?

Du côté de la personne âgée :

  • un grand écran tactile ;

  • un système informatique des plus discrets : ni souris, ni clavier, ni unité centrale ;

  • une interface et une ergonomie simplifiées à l’extrême ;

  • une voix naturelle qui guide la personne et lit ses courriers à voix haute.

Du côté des proches :

  • un logiciel remis gratuitement à chaque membre de la famille qui le désire, à installer sur son propre ordinateur.

Avec son grand écran surmonté d’une webcam, Magui a tôt fait d’enrichir la vie quotidienne de la personne âgée qui peut l’utiliser à loisir, d’une simple pression du doigt. Toutes les fonctions sont automatisées et personnalisables : taille et forme des boutons, grosseur du texte, vocabulaire, peuvent être choisis par la personne âgée elle-même, avec l’aide de l’animateur.

La personne âgée est guidée en permanence par la voix qui se charge de lire tous les textes affichés à l’écran, même les e-mails reçus qui sont transformés automatiquement en sons, sans recourir à aucune manipulation. Tout se fait intuitivement.

Les nombreuses possibilités de communication offertes par Magui

  • Recevoir des photos et des e-mails de ses proches.

  • Faire une vidéoconférence avec les membres de sa famille.

  • Participer à des jeux.

  • Consulter le menu des repas.

  • Consulter le planning des activités.

Il suffit à la personne âgée de toucher la photo d’un proche qu’elle veut appeler pour être mise en relation avec lui immédiatement. Même à l’autre bout du monde, les enfants sont informés sur l’état de santé de leurs parents et de leur vie quotidienne. Ils peuvent les voir et leur parler en vidéo à tout moment, leur envoyer des photos accompagnées de messages, connaître leurs repas et leurs activités quotidiennes…

Grâce à Magui, les grands-parents conservent ainsi leur place au sein de la famille, même s’ils ne sont pas physiquement présents aux fêtes, anniversaires et naissances. Ils gagnent également en autonomie au sein de l’établissement en pouvant s’informer et communiquer à leur gré, sans avoir systématiquement recours à l’assistance d’un tiers.

Grâce au succès de Magui, l’ordinateur simplifié n’a pas fini de faire parler de lui dans les maisons de retraite, et bientôt dans de nombreux foyers ! Sur sa lancée, la société Simplistay vient en effet de donner naissance à Leo, une nouvelle offre de service informatique, mais cette fois à destination des séniors ou personnes souffrant de handicaps à domicile.

Le temps de trouver des partenaires commerciaux sérieux et cette nouvelle solution sera bientôt disponible sur le marché. Une preuve de plus que l’informatique bien pensée, c’est-à-dire sous l’angle des besoins spécifiques de chaque utilisateur, est promise à jouer un rôle essentiel dans le maintien du lien social entre les générations.